Imaginez ouvrir WhatsApp un matin et découvrir que des centaines de messages indésirables, appels masqués et tentatives d’hameçonnage ont soudainement disparu de votre quotidien. Ce scénario, qui ressemble presque à un rêve pour beaucoup d’utilisateurs submergés par les spams et les arnaques, devient progressivement réalité grâce à une nouvelle fonctionnalité que Meta déploie discrètement mais sûrement.

En plein cœur de l’année 2026, alors que les cyberattaques visant les messageries instantanées n’ont jamais été aussi sophistiquées, WhatsApp franchit un cap majeur dans sa quête de protection des utilisateurs les plus exposés. Journalistes d’investigation, militants, personnalités publiques, entrepreneurs sous pression médiatique… tous ces profils à haut risque disposent désormais d’un outil puissant : les Strict Account Settings.

Quand la sécurité devient un véritable mode verrouillage

Le concept est simple en apparence, mais extrêmement puissant dans les faits. Plutôt que d’ajouter une nouvelle couche de chiffrement ou un énième filtre anti-spam, WhatsApp a choisi de créer un mode global qui modifie radicalement le comportement de l’application face aux contacts non approuvés. On parle ici d’un véritable « lockdown » numérique, expression employée par Meta elle-même.

Les protections activées automatiquement

Lorsque vous activez cette option, plusieurs barrières tombent simultanément. Fini les surprises désagréables au réveil. Voici ce qui change concrètement :

  • Blocage automatique de tous les médias et pièces jointes envoyés par des numéros inconnus
  • Mise en silencieux des appels provenant de contacts qui ne figurent pas dans votre carnet d’adresses
  • Désactivation complète des aperçus de liens (link previews) pour éviter les pièges de phishing
  • Activation forcée de la vérification en deux étapes si elle n’était pas déjà active
  • Notifications de sécurité renforcées sur les changements de code de sécurité des discussions

Ces mesures, prises individuellement, existent déjà depuis plusieurs années. Mais les réunir dans un seul interrupteur global constitue une petite révolution pour les utilisateurs qui ne souhaitent pas passer des heures à configurer chaque paramètre de confidentialité.

Votre profil devient invisible pour le reste du monde

Autre changement majeur : votre présence sur WhatsApp devient extrêmement discrète. La photo de profil, la mention « en ligne », l’heure de dernière connexion, la section « À propos »… tout cela est désormais réservé exclusivement à vos contacts enregistrés. Même les personnes qui possèdent votre numéro ne verront plus ces informations si elles ne sont pas dans votre liste de contacts.

« Strict account settings are an optional, lockdown-style security feature that, when enabled, reduces your vulnerability to cyber attack by limiting functionality. »

Description officielle par WhatsApp

Le message est clair : en activant ce mode, vous acceptez sciemment de sacrifier une partie du confort d’utilisation au profit d’une protection maximale. C’est un choix assumé et assumable particulièrement pour celles et ceux qui reçoivent régulièrement des menaces numériques ou qui font l’objet de campagnes de harcèlement coordonnées.

Seuls les contacts peuvent vous ajouter à un groupe

L’une des fonctionnalités les plus appréciées (et les plus redoutées) de WhatsApp a toujours été la possibilité d’être ajouté à n’importe quel groupe par n’importe qui possédant votre numéro. Avec les Strict Account Settings activés, cette porte grande ouverte se referme violemment.

Désormais, même vos amis les plus proches ne pourront plus vous ajouter à un groupe sans votre consentement préalable. Seuls vos contacts enregistrés (ou une liste encore plus restreinte que vous pouvez définir) obtiennent ce privilège. Exit donc les invitations surprises dans des groupes de 1 024 personnes remplies de publicités ou de contenus douteux.

Un déploiement progressif mais stratégique

Annoncée discrètement fin janvier 2026, la fonctionnalité commence à se déployer par vagues sur les différentes versions de l’application (iOS, Android, et dans une moindre mesure les versions desktop). WhatsApp insiste sur un point crucial : cette option ne peut être activée ou désactivée que depuis l’appareil principal. Les versions compagnes (Web, Windows, macOS) n’offrent pas ce contrôle.

Cette limitation technique vise probablement à empêcher qu’un appareil compromis puisse modifier les paramètres de sécurité les plus critiques. Une précaution supplémentaire qui démontre la réflexion approfondie menée par les équipes sécurité de Meta.

Contexte : une actualité judiciaire tendue

Le timing de cette annonce n’est pas anodin. Quelques jours seulement avant le déploiement progressif, Meta faisait face à une nouvelle plainte collective aux États-Unis. Les plaignants accusent l’entreprise d’avoir sciemment trompé les utilisateurs sur le niveau réel de confidentialité des échanges WhatsApp, affirmant que les messages seraient analysés, stockés et potentiellement accessibles par la maison-mère.

Will Cathcart, responsable de WhatsApp, a fermement démenti ces accusations, qualifiant le procès de « sans fondement » et motivé par la recherche de titres accrocheurs. Dans ce contexte tendu, proposer un mode de protection aussi radical apparaît comme une réponse concrète et visible aux critiques récurrentes sur la protection des données personnelles.

Pour qui ce mode est-il vraiment conçu ?

Meta met en avant plusieurs profils cibles :

  1. Les journalistes d’investigation régulièrement ciblés par des campagnes de désinformation ou de surveillance
  2. Les militants politiques et défenseurs des droits humains dans des pays à régime autoritaire
  3. Les personnalités publiques et influenceurs exposés au cyberharcèlement
  4. Les cadres d’entreprise traitant d’informations sensibles via WhatsApp
  5. Toute personne victime répétée d’arnaques au code de vérification ou d’attaques SIM swap

Pour le grand public, le bénéfice est moins évident. Beaucoup d’utilisateurs apprécient justement la facilité avec laquelle on peut recevoir un message d’un inconnu (prise de rendez-vous professionnel, livraison, contact rapide…). Activer le mode Strict revient à fermer cette porte et à accepter une expérience plus cloisonnée.

Comment activer (et surtout désactiver) Strict Account Settings

La manipulation reste volontairement un peu enfouie dans les menus pour éviter les activations accidentelles :

  • Ouvrez WhatsApp sur votre téléphone principal
  • Allez dans ParamètresConfidentialité
  • Descendez jusqu’à Avancé
  • Activez l’option Strict account settings

Pour désactiver le mode, il suffit de refaire exactement le même chemin et de désactiver l’interrupteur. Attention cependant : certains paramètres (comme la vérification en deux étapes) resteront actifs même après la désactivation du mode global.

Les limites et les compromis à accepter

Comme tout outil de sécurité extrême, ce mode impose des concessions importantes :

AvantageInconvénient
Protection maximale contre le spam et le phishingImpossible de recevoir photos/vidéos d’inconnus sans les enregistrer d’abord
Profil totalement invisible pour les non-contactsPlus difficile de développer de nouveaux contacts professionnels
Contrôle strict sur les ajouts à des groupesPerte de spontanéité dans certaines interactions sociales
Réduction drastique des tentatives d’arnaqueCertains services légitimes (livraisons, support client) deviennent compliqués

Ces compromis expliquent pourquoi Meta présente cette fonctionnalité comme optionnelle et destinée à un public averti plutôt qu’au grand public.

Comparaison avec les autres messageries sécurisées

Signal propose depuis longtemps des options similaires (seuls les contacts peuvent vous ajouter à un groupe, profil invisible par défaut, etc.), mais sans jamais proposer un « mode unique » qui active tout d’un coup. Telegram, de son côté, mise plutôt sur la granularité extrême des paramètres, ce qui peut décourager les utilisateurs moins techniques.

WhatsApp se positionne donc sur un créneau intéressant : offrir une sécurité de niveau « militant » sans obliger l’utilisateur à comprendre des dizaines de sous-menus différents. Une approche pragmatique qui pourrait séduire une frange croissante d’utilisateurs préoccupés par leur exposition numérique.

Vers une personnalisation plus fine à l’avenir ?

Plusieurs experts en cybersécurité espèrent que Meta ira plus loin dans les prochains mois en proposant des niveaux intermédiaires. Par exemple :

  • Autoriser uniquement les pièces jointes provenant de numéros professionnels vérifiés
  • Permettre les aperçus de liens uniquement pour certains domaines de confiance
  • Créer une liste blanche d’expéditeurs autorisés à envoyer des médias même sans être contact

Ces évolutions permettraient de conserver une grande partie de la protection tout en réduisant les frictions du quotidien. Pour l’instant, rien n’a été officiellement annoncé dans ce sens.

Conclusion : un pas de géant pour la protection individuelle

Dans un monde où les attaques ciblées via messagerie instantanée se multiplient (phishing, SIM swapping, usurpation d’identité, campagnes de désinformation…), proposer un tel niveau de verrouillage représente une avancée significative. Même si tout le monde ne l’activera pas, le simple fait que cette option existe change déjà la donne pour les personnes les plus vulnérables.

WhatsApp prouve ici qu’il est possible de concilier une base d’utilisateurs de plus de deux milliards de personnes avec des fonctionnalités de pointe réservées à ceux qui en ont réellement besoin. Reste à voir si d’autres plateformes emboîteront le pas ou si ce mode « Strict » restera une spécificité de la messagerie verte.

Et vous, envisageriez-vous d’activer ce mode verrouillage total sur votre compte ? Ou préférez-vous conserver plus de fluidité dans vos échanges, quitte à renforcer manuellement chaque paramètre de confidentialité ?

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Steven Soarez
Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.