Il y a encore quelques années, le capital-risque et la défense se regardaient de loin. Les fonds généraux fuyaient le sujet, trop politique, trop long, trop réglementé. Puis le monde a changé de rythme. Les conflits se sont rapprochés des civils, les drones ont remplacé une partie de l’artillerie classique, et les investisseurs ont commencé à voir dans la defense tech non plus un tabou, mais un marché. C’est dans cette bascule que Protego Ventures a choisi de naître, en Israël, avec une thèse claire et un premier fonds désormais bouclé à 125 millions de dollars.
Une Première Levée Qui Dit Beaucoup Plus Qu’Un Chiffre
Le montant impressionne, mais ce n’est pas seulement une ligne de plus dans le tableau des levées. Protego Ventures se présente comme le premier et le plus important fonds israélien exclusivement dédié aux technologies de défense et de sécurité. La structure a deux ans. Elle est menée notamment par deux associées, Lital Leshem et Lee Moser. Et elle vient d’annoncer la clôture finale de son premier véhicule, avec des tickets compris entre 5 et 15 millions de dollars par société.
Ce cadre d’investissement n’est pas anodin. Il place le fonds dans une zone intermédiaire : assez tôt pour accompagner des équipes encore agiles, assez capitalisé pour peser dans des tours de croissance. L’objectif affiché est simple à formuler et difficile à exécuter : financer des startups capables de répondre aux besoins critiques de sécurité d’Israël et, plus largement, de partenaires internationaux.
La cible initiale du fonds était de 150 millions. Le véhicule s’est arrêté à 125. Cette décision, loin d’être un échec, relève d’un calcul de rendement. Quand une participation commence à ressembler à un fund maker, augmenter la taille du fonds dilue le bénéfice pour chaque investisseur. Personne, selon Lital Leshem, ne veut partager le gâteau plus que nécessaire.
Pourquoi ce fonds arrive maintenant
Le 7 octobre 2023 a marqué une rupture. Pas seulement militaire. Industrielle aussi. Des technologies jugées périphériques sont devenues centrales. La guerre urbaine, la guerre des drones, la guerre de l’information et la guerre des capteurs se sont superposées. Les armées ont découvert, parfois trop tard, que certains outils civils ou semi-civils pouvaient changer un théâtre d’opérations en quelques semaines.
C’est dans ce climat que des dirigeants liés à Ares Management ont encouragé Leshem et Moser à s’associer. L’idée n’était pas de créer un énième fonds généraliste avec une poche « défense ». Il s’agissait de construire un véhicule spécialisé, capable de parler aux militaires, aux entrepreneurs et aux institutionnels sans traduire trois fois la même phrase.
Everything changed on October 7.
Lital Leshem
Leshem raconte avoir été déployée comme réserviste, enceinte, le jour des attaques. Elle dit avoir observé, jusqu’à la salle d’accouchement, un champ de bataille différent de celui qu’elle avait connu pendant une décennie. Cette phrase n’est pas un ornement biographique. Elle explique la thèse d’investissement : les menaces ont muté plus vite que les catalogues d’équipement.
Deux trajectoires, une même lecture du marché
Lee Moser apporte le réflexe du capital-risque. Elle reste managing partner d’AnD Ventures, un fonds généraliste. Cette double casquette n’est pas un détail administratif. Elle permet à Protego de rester branchée sur les méthodes classiques du venture : rythme des tours, gouvernance, discipline de sortie, lecture des multiples.
Lital Leshem apporte une autre couche. Onze années dans les milieux militaires et du renseignement. Une expérience d’entrepreneure. Une startup cofondée et cédée pour 625 millions de dollars en 2025. Autrement dit, elle connaît les deux bouts de la chaîne : celui qui spécifie un besoin opérationnel et celui qui vend une société à un industriel ou à un marché public.
Cette combinaison compte en Israël. Le marché de la defense tech y est dense, relationnel, parfois opaque pour un investisseur étranger. Les circuits d’homologation, les unités d’innovation, les programmes d’expérimentation et les réseaux d’anciens officiers ne se lisent pas dans un memorandum. Ils se fréquentent.
Un premier portefeuille déjà révélateur
La première participation connue de Protego, XTEND, fabrique des drones. L’entreprise a fait son entrée à la Bourse de New York au début du mois. Pour un fonds jeune, c’est un signal rare. Une introduction en Bourse ne garantit pas à elle seule le retour du fonds entier. Elle change toutefois la psychologie des limited partners. Elle prouve que le récit n’est pas seulement géopolitique. Il est aussi financier.
Le portefeuille comprend aussi ASIO, spécialisée dans les systèmes de conscience situationnelle, avec un partenariat évoqué auprès d’Anduril. Le choix n’est pas décoratif. La conscience situationnelle est devenue l’un des goulets d’étranglement des conflits contemporains : trop de capteurs, trop de flux, trop peu de temps pour décider.
- Des tickets de 5 à 15 millions de dollars par startup.
- Un angle Israël d’abord, avec une lecture internationale des menaces.
- Une préférence pour des technologies déjà confrontées au terrain.
- Une ambition de rendement concentrée plutôt que diluée.
Ces quatre points dessinent une doctrine. Protego ne cherche pas à saupoudrer. Le fonds veut des positions significatives dans un nombre limité de dossiers. C’est cohérent avec l’arrêt à 125 millions plutôt qu’à 150. Moins de capital sous gestion, plus d’effet d’un succès majeur.
Le rôle discret mais décisif des premiers backers
Des dirigeants d’Ares figurent parmi les soutiens les plus importants. Une mise de 30 millions de dollars en tant que limited partners a permis au fonds de commencer à investir sans attendre la clôture complète. Cette précocité a une valeur stratégique. Dans la defense tech, les meilleures équipes ne restent pas longtemps sur le marché. Elles sont déjà en discussion avec des primes, des intégrateurs ou des fonds étrangers.
Il faut toutefois préciser un point souvent mal compris. Ce ne sont pas nécessairement les véhicules institutionnels d’Ares en tant que firme qui sont mis en avant, mais des dirigeants de cette sphère. La nuance compte pour la gouvernance, la communication et la lecture des conflits d’intérêts.
Cette architecture de départ a un autre effet : elle ancre Protego dans un dialogue transatlantique. L’argent américain cherche des deal-flow israéliens. Les fondateurs israéliens cherchent des relais de distribution aux États-Unis. Un fonds capable de relier les deux rives a une prime d’accès.
La defense tech n’est plus un coin de table
Les données de marché le confirment. Au premier trimestre 2026, le volume de transactions en defense tech a établi un record. Des fonds spécialisés apparaissent en Europe, aux États-Unis, dans le Golfe. Le sujet n’est plus réservé aux industriels historiques. Il attire des profils venus du logiciel, de la robotique, de la cybersécurité et même de la santé, dès lors que les capteurs, l’intelligence artificielle et la logistique de terrain se croisent.
Israël occupe dans cette carte une place particulière. Le pays combine une culture d’innovation civile dense, un service militaire largement partagé et un écosystème de transfert entre unités d’élite et startups. Ce triangle produit des sociétés capables de prototyper vite, de tester sous contrainte, puis d’exporter. Il produit aussi des tensions : secret opérationnel, contrôle à l’export, dépendance aux commandes publiques, cycle de vente long.
Protego joue précisément sur cette tension. Le fonds affirme rencontrer un accueil solide du côté militaire. Leshem évoque des interlocuteurs qui viennent, parfois discrètement, pour comprendre, s’entraîner, observer, et éventuellement adopter une technologie. Cette phrase décrit un avantage compétitif difficile à copier : la confiance opérationnelle.
Ce que change une introduction en Bourse dans un premier fonds
Quand XTEND entre au NYSE, le récit interne du fonds bascule. Les limited partners cessent de juger uniquement la thèse. Ils jugent une trajectoire de liquidité. Pour un véhicule de première génération, c’est rare et précieux. Cela n’efface pas le risque. Une cote boursière peut être volatile. Une société de drones reste exposée aux cycles budgétaires, aux interdictions d’export et à la concurrence d’acteurs mieux capitalisés.
Mais le signal envoyé aux entrepreneurs est net. Protego n’est pas seulement un fonds « de circonstance » né après une crise. Il peut accompagner jusqu’à une sortie visible. Dans un secteur où beaucoup de sorties passent par des acquisitions industrielles discrètes, une IPO américaine élargit l’imaginaire des fondateurs.
Elle explique aussi la prudence sur la taille du fonds. Si une seule ligne du portefeuille peut, en théorie, rembourser l’ensemble du véhicule, chaque dollar supplémentaire levé aujourd’hui réduit la part de cette victoire pour ceux qui ont pris le risque tôt.
Le marché israélien se structure, et la concurrence arrive
Protego ne restera pas seule. Les autorités israéliennes ont pris acte du même basculement. Des garanties publiques d’environ 33 millions de dollars ont été accordées à Adir Capital et Sling Capital pour investir dans des technologies militaires et duales. D’autres fonds lèvent aussi sur des thèses proches.
Leshem indique que Protego était déjà trop avancée dans sa propre collecte pour participer à cet appel d’offres. La phrase est diplomatique. Elle dit aussi que le fonds a choisi une indépendance de calendrier. Les garanties d’État accélèrent certains véhicules. Elles peuvent aussi contraindre l’allocation, le rythme ou le type d’actifs.
| Acteur | Angle | Signal récent |
| Protego Ventures | Fonds dédié defense tech | Clôture à 125 M$ |
| Adir Capital | Techno militaires et duales | Garanties publiques |
| Sling Capital | Techno militaires et duales | Garanties publiques |
| XTEND | Drones | Introduction au NYSE |
Ce tableau n’est pas une carte complète du marché. Il suffit pourtant à montrer une chose : la defense tech israélienne n’est plus un phénomène isolé porté par deux ou trois industriels historiques. Elle devient une classe d’actifs, avec ses fonds, ses garanties, ses introductions en Bourse et ses rivalités de deal-flow.
Dual-use, le mot que tout le monde emploie trop vite
On parle beaucoup de technologies duales. Le terme est commode. Il rassure les investisseurs civils. Il suggère qu’une solution née pour le champ de bataille pourra se vendre aux aéroports, aux usines, aux villes ou aux opérateurs d’infrastructures. Parfois, c’est vrai. Souvent, c’est plus compliqué.
Un logiciel de fusion de capteurs conçu pour un convoi militaire n’est pas automatiquement un produit de sûreté urbaine. Les exigences de robustesse, de latence, de classification des données et de maintenance ne sont pas les mêmes. Un fonds spécialisé le sait. Il ne vend pas le dual-use comme une baguette magique. Il le traite comme une option de marché, pas comme une certitude.
C’est pourquoi le positionnement de Protego mérite d’être lu avec précision. Le fonds parle de besoins de défense et de sécurité, israéliens et internationaux. Il ne promet pas que chaque dossier deviendra une application grand public. Cette sobriété est, paradoxalement, un argument de crédibilité.
Ce que les fondateurs cherchent vraiment chez un fonds défense
L’argent n’est que la première couche. Les équipes de defense tech veulent surtout trois choses : un accès aux utilisateurs, une compréhension des cycles d’acquisition, et une capacité à ouvrir des portes à l’étranger sans perdre le contrôle de la propriété intellectuelle.
Un fonds généraliste peut écrire un chèque. Il peinera à commenter une expérimentation en unité, à anticiper un changement de doctrine, ou à distinguer une démonstration spectaculaire d’un outil réellement adoptée. Un fonds spécialisé inverse cette hiérarchie. Il peut arriver plus tard sur la valorisation, mais plus tôt sur la pertinence.
- Comprendre le langage des forces armées sans le caricaturer.
- Accepter des cycles de vente plus longs que dans le logiciel classique.
- Préparer très tôt les sujets d’export et de conformité.
- Rester utile après le tour, quand le produit rencontre le terrain.
Ces critères expliquent pourquoi le profil de Leshem pèse autant que le montant levé. Dans cet univers, le réseau n’est pas un slogan de landing page. C’est une infrastructure.
Les femmes à la tête d’un fonds de défense, un fait trop rare pour l’ignorer
Le capital-risque reste largement masculin. La defense tech encore davantage. Voir deux associées diriger un véhicule de cette taille dans ce secteur n’est donc pas un détail de communication. Cela change la composition des salles, le type de questions posées aux fondateurs, et parfois la manière dont une technologie est évaluée.
Il serait naïf d’en faire un argument unique de performance. Il serait tout aussi naïf de l’effacer. Les écosystèmes évoluent aussi par les visages qui les incarnent. Ici, l’incarnation n’est pas symbolique seulement. Elle s’appuie sur des trajectoires opérationnelles et financières déjà tracées.
Le prochain fonds est déjà dans le viseur
Protego prépare un deuxième véhicule pour le premier trimestre 2027. Le périmètre s’élargit. Des institutionnels israéliens sont attendus. Un engagement américain important serait déjà sécurisé. Surtout, le fonds vise aussi des sociétés américaines de defense tech en phase d’early growth.
Ce basculement est logique. Un premier fonds ancré en Israël construit la légitimité. Un deuxième fonds plus large convertit cette légitimité en plateforme. Les États-Unis restent le premier marché solvable pour beaucoup de ces technologies. Y investir trop tôt, sans ancrage local, expose à l’erreur de lecture. Y investir après avoir prouvé un deal-flow israélien est une autre histoire.
La séquence 2026-2027 sera donc déterminante. Non pas seulement pour lever. Pour démontrer qu’un fonds né d’un choc géopolitique peut devenir une institution durable, et non une parenthèse de cycle.
Ce que cette levée dit aux investisseurs européens
L’Europe débat sans relâche de son autonomie stratégique. Elle commande, elle réglemente, elle lance des programmes. Elle peine encore à structurer une chaîne de financement privée aussi réactive que celles que l’on observe en Israël ou dans certaines poches américaines. L’exemple de Protego n’est pas un modèle à photocopier. Les contextes militaires ne sont pas interchangeables. Mais la leçon de méthode existe.
Elle tient en quelques principes. Spécialiser plutôt que diluer. Recruter des associés qui ont vu le terrain. Accepter qu’un fonds plus petit puisse mieux servir ses limited partners. Relier très tôt les entrepreneurs aux utilisateurs. Préparer la sortie avant même que le produit soit mature.
Les fonds européens qui veulent exister sur ce terrain devront trancher. Soit ils restent généralistes et visitent la défense comme une thématique de plus. Soit ils acceptent la profondeur opérationnelle que ce marché exige. Protego a choisi le second chemin.
Les risques que le communiqué ne met pas en une
Un article de levée a toujours un angle solaire. Il faut aussi regarder l’ombre. La defense tech dépend de budgets publics. Ces budgets peuvent gonfler après un choc, puis se contracter. Les règles d’export peuvent fermer un marché du jour au lendemain. Une technologie décisive aujourd’hui peut être banalisée demain par un acteur bas coût.
Il y a aussi le risque de concentration. Un fonds de 125 millions qui mise gros sur quelques dossiers peut produire des rendements exceptionnels. Il peut aussi souffrir d’un raté majeur. XTEND donne aujourd’hui de l’oxygène au récit. Cela ne dispense pas d’évaluer le reste du portefeuille avec la même rigueur.
Enfin, il existe un risque de saturation narrative. Trop de fonds se réclament désormais de la defense tech. Trop de pitchs recyclent les mêmes mots : autonomie, capteurs, IA, essaims, edge computing. Le tri se fera moins sur le vocabulaire que sur l’adoption réelle par des forces qui n’ont pas de temps à perdre.
Comment lire la phrase sur le « respect militaire »
Leshem affirme que le respect est fort du côté des armées, et que des interlocuteurs viennent même de manière peu visible. Cette affirmation doit être lue comme un actif immatériel. Dans la défense, l’accès vaut parfois plus qu’une valorisation. Un fonds qui obtient des conversations opérationnelles avance plus vite qu’un fonds qui n’obtient que des rendez-vous de communication.
On the military side, there is a lot of respect, and people are coming — even under the radar — to talk to us, to learn from us, to train with us, and for sure get our technology and innovation.
Lital Leshem
Cette citation n’est pas une preuve de performance. Elle est une description de position. Protego veut être un intermédiaire de confiance entre l’innovation privée et la demande militaire. Si cette position tient, le deuxième fonds n’aura pas seulement besoin d’argent. Il aura un flux.
Une leçon de sizing que beaucoup de premiers fonds ignorent
Arrêter une collecte sous l’objectif annoncé est contre-intuitif dans le venture. La culture du secteur pousse à maximiser les assets under management. Plus d’argent, plus de frais, plus de statut. Protego inverse la logique. Le fonds assume qu’un succès concentré vaut mieux qu’un empire dilué.
Cette décision ne sera jugée que dans plusieurs années, au moment des distributions. Elle a toutefois le mérite de la cohérence. Un véhicule né pour capter une fenêtre de marché n’a pas vocation à s’alourdir trop tôt. Mieux vaut un premier fonds net, puis un second plus large, que l’inverse.
Ce que les startups françaises et européennes peuvent retenir
Beaucoup d’équipes européennes développent des briques pertinentes : navigation autonome, guerre électronique légère, maintenance prédictive, cartographie 3D, protection de sites sensibles, logiciels de commandement. Elles butent ensuite sur le même mur : trouver un investisseur qui accepte le temps long et comprend le client final.
L’histoire de Protego ne leur dit pas de déménager à Tel-Aviv. Elle leur dit de chercher des actionnaires capables de relier produit, doctrine et export. Elle leur dit aussi qu’une première référence opérationnelle pèse plus qu’une slide de marché total adressable. Dans ce secteur, le client n’achète pas une vision. Il achète une réduction de risque.
Les fondateurs qui l’oublient multiplient les tours sans jamais franchir le seuil de l’adoption. Ceux qui l’intègrent construisent des sociétés moins bavardes, plus denses, parfois plus lentes à raconter, mais plus difficiles à contourner.
Une géopolitique qui s’invite dans la fiche d’investissement
Investir dans la defense tech israélienne, ce n’est pas seulement analyser un produit. C’est accepter que l’actualité internationale pèse sur la valorisation, le recrutement, les autorisations et parfois la réputation. Certains limited partners s’en approchent. D’autres s’en écartent. Protego a clairement choisi son camp : celui des investisseurs qui considèrent que l’innovation de sécurité est devenue incontournable.
Cette lecture n’est pas morale. Elle est stratégique. Les fonds qui refusent le sujet laisseront le terrain à d’autres. Les fonds qui l’abordent sans compétence opérationnelle prendront des risques mal compris. Les fonds qui articulent capital, terrain et distribution auront une longueur d’avance. C’est exactement la case que Protego tente d’occuper.
Le vrai test commencera après l’annonce
Une clôture de fonds est un événement de communication. La vie d’un fonds est une suite de décisions moins photogéniques : passer un tour, refuser une valorisation, changer un directeur commercial, accompagner une homologation, arbitrer entre un contrat local et une expansion américaine.
C’est là que l’on verra si Protego tient sa promesse. Le premier fonds a déjà un atout visible avec XTEND. Il a un réseau. Il a un calendrier pour 2027. Il lui reste à prouver que la spécialisation n’est pas seulement un argument de collecte, mais une machine à sélection.
En attendant, cette levée de 125 millions de dollars restera comme l’un des marqueurs de 2026 : le moment où un véhicule israélien exclusivement dédié à la defense tech a cessé d’être une hypothèse pour devenir une institution en formation. Le marché, lui, n’attendra pas. Les menaces non plus.