Vous souvenez-vous de cette sensation unique quand vos doigts dansaient sur de vraies touches, avec un clic net et rassurant à chaque frappe ? Cette époque où le BlackBerry était roi et où l’on rédigeait des messages plus vite que la lumière semble révolue… ou presque. Une startup a décidé de défier le tout-écran en proposant un accessoire qui redonne vie à ce plaisir oublié. Son nom ? Clicks Technology. Son arme secrète ? Le Power Keyboard, un clavier coulissant compatible MagSafe qui promet de transformer n’importe quel smartphone en machine à écrire moderne.

Le Power Keyboard de Clicks : une promesse de retour aux sources

Depuis le début de l’été, Clicks Technology a commencé à expédier son Power Keyboard, vendu désormais autour de 99 dollars. Après quelques retards de production, l’entreprise a déjà livré 75 % des précommandes de la première vague. Ce n’est pas un simple gadget. C’est un véritable manifeste technologique : prouver qu’il existe encore une demande pour une saisie physique fiable, rapide et tactile sur nos téléphones actuels.

Le concept est simple mais ambitieux. Un clavier coulissant équipé de boutons physiques se fixe à l’arrière du smartphone grâce à MagSafe ou Qi2. Une fois attaché, il se déploie vers le bas ou sur le côté selon le mode choisi. Portrait ou paysage, le clavier s’adapte. L’objectif est clair : offrir à n’importe quel téléphone, qu’il s’agisse d’un iPhone 17 Pro Max ou d’un Pixel 10 XL, cette sensation BlackBerry que beaucoup regrettent encore.

Ce produit n’est d’ailleurs qu’une étape. Clicks prépare pour la fin de l’année son propre smartphone, le Communicator, pensé dès le départ autour d’un clavier physique. Le Power Keyboard joue donc le rôle de teaser grandeur nature, une façon de tester le marché avant le grand saut.

Un design soigné qui respire le premium

Dès l’ouverture de la boîte, on comprend que Clicks a soigné l’expérience. Le packaging rappelle celui des appareils haut de gamme : films de protection, guide de démarrage en couleurs, finitions soignées. Le clavier lui-même affiche des dimensions contenues de 119,7 × 76,6 × 15,2 mm pour un poids de 180 grammes. Ce n’est pas anodin. L’accessoire reste plus mince que la plupart des batteries externes, mais il change clairement la prise en main.

Les touches offrent un retour haptique net et agréable. Après des années de claviers virtuels, la courbe d’apprentissage existe, mais elle semble moins rude que sur le précédent modèle de la marque, qui prenait la forme d’une coque. On sent que l’équipe a tiré les leçons de ses premiers essais. Les touches sont bien positionnées, accessibles, et un rétroéclairage LED réglable permet de taper dans le noir sans difficulté.

Le système de glissières inspire confiance. Chaque position se verrouille avec un clic satisfaisant. Le clavier s’ajuste aux différentes tailles de téléphones, des modèles standards aux versions Ultra ou Pro Max. C’est un point fort indéniable pour une solution qui se veut universelle.

Batterie intégrée et charge sans fil : le double jeu de l’autonomie

Contrairement à l’ancien clavier-coque de Clicks qui puisait son énergie directement dans le téléphone via USB-C, le Power Keyboard embarque sa propre batterie de 2 150 mAh. Ce choix change tout. L’accessoire ne vide plus l’autonomie de l’appareil principal. Mieux : il peut même recharger le smartphone en mode sans fil grâce à MagSafe ou Qi2.

Dans l’application compagnon, l’utilisateur garde la main. Il peut désactiver complètement la charge sans fil pour réserver toute l’énergie au clavier, ou définir une réserve dédiée. Cette flexibilité est précieuse. On peut transformer le Power Keyboard en véritable batterie de secours quand on en a besoin, ou le laisser concentrer son énergie sur la saisie.

La connectivité repose sur le Bluetooth. L’appairage se fait en maintenant le bouton d’alimentation et en déployant le clavier. Sur Android, l’opération est fluide. Sur iPhone, il faut parfois ruser le dispositif précédemment associé et utiliser une combinaison de touches (numéro + alimentation) pour enregistrer un second appareil. Une fois la manipulation comprise, le lien se stabilise correctement.

Personnalisation poussée : le terrain de jeu des power users

C’est peut-être ici que le Power Keyboard se démarque le plus. Au-delà de la simple frappe, Clicks a imaginé un système de raccourcis et de modes avancés. La touche Clicks peut devenir un Tab. Le mode curseur (Sym + CMD) transforme certaines lettres en flèches directionnelles. On peut définir des raccourcis de la rangée numérique pour accéder à Échap, au volume, à la lecture/pause, ou encore aux pages haut/bas.

Sur iPhone, l’intégration avec les Raccourcis Apple ouvre un champ encore plus large. Démarrer un appel, lancer la météo, allumer la lampe torche, recevoir un AirDrop, envoyer un SMS… tout cela devient accessible d’une simple combinaison de touches. L’application propose déjà plusieurs raccourcis populaires, et l’utilisateur peut en créer d’autres à sa guise.

Ces options ne s’adressent pas aux utilisateurs occasionnels. Elles récompensent ceux qui passent du temps à apprivoiser le clavier. Une fois la prise en main acquise, le gain de productivité peut devenir réel, surtout pour ceux qui écrivent beaucoup de messages ou de notes au quotidien.

Les compromis à accepter : confort et portabilité

Tout n’est pas parfait. Le principal point faible reste l’équilibre. Avec un grand téléphone comme l’iPhone 17 Pro Max ou le Pixel 10 XL, l’ensemble devient assez lourd et top-heavy en mode portrait. La prise en main se complique. En paysage, l’expérience s’améliore nettement. Clicks recommande d’ailleurs d’ailleurs les modèles plus compacts, comme l’iPhone Air, pour un usage plus naturel.

La coque du téléphone pose aussi question. Une coque protectrice épaisse gêne l’alignement magnétique et le confort de frappe. Les tests les plus concluants se font souvent avec le téléphone nu. Ce n’est pas idéal pour ceux qui tiennent à protéger leur appareil au quotidien.

La portabilité souffre également. L’accessoire ne glisse pas facilement dans une poche de pantalon, surtout pour les femmes. Le risque de voir le clavier se déployer involontairement en le fourrant trop vite dans une poche arrière existe. À 180 grammes, ce n’est plus un simple téléphone. C’est un ensemble plus imposant qu’il faut accepter de transporter.

Ces limitations ne sont pas anodines. Elles expliquent pourquoi Clicks insiste sur le fait que le Power Keyboard n’est qu’une solution transitoire. Le vrai confort arrivera avec le Communicator, un smartphone conçu dès l’origine autour du clavier physique. Les prototypes présentés au CES en janvier donnaient déjà une bien meilleure sensation de contrôle, simplement parce que l’entreprise maîtrisait l’ensemble des paramètres techniques.

Compatibilité large et usages inattendus

Clicks a testé son clavier sur une large gamme d’appareils : iPhone Air, 17 Pro, 17 Pro Max, 16 Pro, Pixel 9, Galaxy Fold et d’autres modèles Android. Pour les téléphones sans MagSafe ni Qi2, une bague adhésive ou une coque magnétique permet de rattraper le coup.

Plus intéressant encore : le Power Keyboard n’est pas limité aux smartphones. Tout appareil capable d’accepter un clavier Bluetooth externe peut en profiter. Tablettes, Apple TV, casques de réalité augmentée ou virtuelle comme le Vision Pro… dans ces contextes, l’accessoire devient soudain très pratique. Saisir une adresse e-mail ou un mot de passe avec une télécommande ou un clavier virtuel flottant reste souvent une corvée. Un vrai clavier physique change la donne.

Cette polyvalence élargit considérablement le public potentiel. Ce n’est plus seulement un accessoire pour nostalgiques du BlackBerry. C’est un outil de productivité qui peut trouver sa place dans des écosystèmes bien plus larges.

Pourquoi ce retour aux claviers physiques fait sens aujourd’hui

La domination des claviers virtuels n’a jamais été totale. De nombreux professionnels, journalistes, développeurs et utilisateurs intensifs regrettent encore la précision et la vitesse d’une saisie mécanique. Les erreurs de correction automatique, les doigts qui glissent, la fatigue visuelle liée aux écrans tactiles… autant de petits irritants qui s’accumulent.

Le Power Keyboard répond à une demande réelle, même si elle reste de niche. Il ne prétend pas remplacer les claviers virtuels pour tout le monde. Il s’adresse à ceux qui ressentent encore le manque. À 99 dollars, le prix reste raisonnable pour tester le concept avant de se décider sur le futur smartphone de la marque.

L’approche de Clicks est intéressante. Au lieu de lancer directement un téléphone, l’entreprise a d’abord validé le marché avec un accessoire. Les retours utilisateurs, les itérations techniques, les enseignements tirés du précédent modèle coque… tout cela nourrit désormais le Communicator. C’est une stratégie pragmatique dans un secteur où les échecs de téléphones à clavier physique se sont multipliés ces dernières années.

Le regard d’une journaliste qui a testé l’objet

Sarah Perez, qui a longuement essayé le Power Keyboard pour TechCrunch, résume bien l’expérience. L’objet est bien conçu, les touches sont agréables, les options de personnalisation séduisent. Mais le confort en usage quotidien sur un grand téléphone reste perfectible. Elle préfère clairement attendre le Communicator, où Clicks contrôlera tous les paramètres, plutôt que de bricoler un accessoire universel.

Pour le confort et la portabilité, je préfère passer aux touches physiques avec le smartphone Communicator de Clicks.

Sarah Perez, TechCrunch

Ce témoignage illustre parfaitement le dilemme. Le Power Keyboard fonctionne. Il tient ses promesses techniques. Mais il révèle aussi les limites inhérentes à toute solution adaptative. Créer un clavier qui s’accorde à des dizaines de téléphones différents force forcément des compromis sur l’ergonomie.

Un marché de niche qui refuse de mourir

Le retour des claviers physiques n’est pas un phénomène isolé. Plusieurs marques tentent régulièrement de relancer le concept, avec plus ou moins de succès. Ce qui distingue Clicks, c’est la cohérence de sa vision. L’accessoire d’aujourd’hui prépare le téléphone de demain. L’entreprise ne se contente pas de vendre un produit. Elle construit un écosystème autour d’une philosophie claire : la saisie physique a encore sa place dans un monde tactile.

Les chiffres de précommande montrent qu’il existe un public. 75 % de la première production déjà expédiée, c’est un signal encourageant. Bien sûr, on reste loin des volumes d’un iPhone. Mais pour une startup spécialisée, ces retours valident la direction prise.

Le vrai test arrivera avec le Communicator. Si Clicks parvient à livrer un smartphone confortable, fiable, avec un clavier intégré de qualité, et à un prix accessible, alors le Power Keyboard aura joué parfaitement son rôle de défricheur. Dans le cas contraire, il restera un accessoire intéressant pour une minorité passionnée.

Comment le Power Keyboard s’inscrit dans l’histoire des smartphones

Il est fascinant de constater que, quinze ans après la disparition progressive des BlackBerry et des Nokia à clavier, la nostalgie reste vivace. Les générations qui ont connu ces appareils gardent un souvenir précis de l’efficacité de la saisie. Les plus jeunes, élevés au tout-écran, découvrent parfois avec surprise qu’une autre façon de taper existait.

Le Power Keyboard ne cherche pas à reconstruire le passé. Il le modernise. MagSafe, Bluetooth, application compagnon, raccourcis intelligents, charge sans fil… tout cela n’existait pas à l’époque des premiers BlackBerry. Clicks marie l’ancien et le nouveau avec une certaine élégance.

Cette hybridation est peut-être la clé. Les utilisateurs d’aujourd’hui ne veulent pas forcément abandonner les avantages de l’écran tactile. Ils veulent simplement avoir le choix. Pouvoir basculer d’un mode à l’autre selon le contexte. Le Power Keyboard offre précisément cette liberté.

Les points forts et les points faibles en un coup d’œil

AspectPoints positifsPoints négatifs
DesignFinition premium, rétroéclairage, glissières solidesPoids et volume supplémentaires
ConfortTouches cliquables, bonne dispositionÉquilibre délicat sur grands téléphones
AutonomieBatterie dédiée + charge sans filCapacité limitée à 2 150 mAh
PersonnalisationRaccourcis, mode curseur, intégration ShortcutsCourbe d’apprentissage nécessaire
CompatibilitéLarge gamme de téléphones + autres appareilsParfois besoin d’adaptateurs magnétiques

Ce tableau résume bien l’équation. Le Power Keyboard n’est pas parfait. Il exige des concessions. Mais pour ceux qui placent la qualité de la saisie au-dessus de tout, il représente une alternative concrète et aboutie.

Faut-il craquer pour le Power Keyboard aujourd’hui ?

La réponse dépend entièrement de votre rapport au clavier physique. Si vous êtes de ceux qui regrette encore chaque jour leur BlackBerry, si vous passez des heures à taper des messages ou des notes, et si vous acceptez de transporter un ensemble un peu plus imposant, alors l’essai vaut le coup. À 99 dollars, le risque financier reste mesuré.

Si en revanche vous privilégiez la légèreté, la discrétion et la simplicité, mieux vaut attendre. Le Communicator, s’il tient ses promesses, offrira une expérience bien plus aboutie. Le Power Keyboard servira alors de solution d’attente, ou de complément pour d’autres appareils.

Dans tous les cas, Clicks Technology mérite d’être suivie. Dans un univers où les smartphones se ressemblent de plus en plus, l’entreprise a choisi une voie différente. Elle parie sur le retour d’une sensation oubliée. Et pour l’instant, ce pari semble trouver son public.

Vers un avenir où le clavier physique redevient une option sérieuse

Le Power Keyboard ne changera pas le monde du smartphone à lui seul. Mais il contribue à rouvrir un débat que beaucoup pensaient clos. La saisie tactile est-elle vraiment l’aboutissement ultime de l’interaction mobile ? Ou existe-t-il encore de la place pour des solutions mécaniques plus précises et plus fiables ?

Clicks répond clairement à cette question. En multipliant les itérations, en écoutant les retours, en préparant un téléphone dédié, la startup montre qu’un marché de niche peut rester viable. Et que la nostalgie, lorsqu’elle s’accompagne d’une vraie réflexion technique, peut donner naissance à des produits intéressants.

Pour les amoureux de la frappe physique, l’attente n’est plus vaine. Un accessoire solide existe déjà. Un smartphone complet se profile à l’horizon. Le retour du clavier n’est plus une chimère. Il est en train de se construire, touche après touche, clic après clic.

Que l’on adopte le Power Keyboard dès maintenant ou que l’on attende le Communicator, une chose est certaine : Clicks Technology a réussi à remettre le clavier physique au centre des conversations technologiques. Et dans un secteur souvent accusé d’uniformité, cette audace mérite d’être saluée.