Imaginez un instant : nous sommes en 2026, les montres connectées ultra-puissantes avec capteurs à foison et écrans AMOLED ultra-lumineux dominent le marché… et soudain, une petite entreprise ressuscite une montre de 2015, la rend encore plus fine, ajoute un écran couleur moderne, la vend 199 € et promet jusqu’à deux semaines d’autonomie. Absurde ? Utopique ? Ou tout simplement génial ?

C’est exactement ce que vient d’annoncer Pebble, la marque qui, il y a dix ans, avait révolutionné le monde des wearables avant de disparaître puis de renaître de ses cendres. Aujourd’hui, avec la Pebble Round 2, la startup tente un pari audacieux : prouver qu’on peut encore séduire en 2026 sans courir après toutes les fonctionnalités possibles et imaginables.

Le grand retour d’une philosophie oubliée

Quand on parle de Pebble aujourd’hui, beaucoup de trentenaires ont un sourire nostalgique. Entre 2012 et 2016, la société a vendu plus de 2 millions de montres et créé une communauté passionnée. Puis vint la faillite, le rachat par Fitbit, l’abandon progressif… et enfin, en 2025, la résurrection inattendue sous une nouvelle forme, portée par l’ancien fondateur Eric Migicovsky.

La stratégie ? Ne pas chercher à concurrencer directement Apple, Samsung ou Google. Non. Pebble a choisi la voie de la différenciation radicale : simplicité, autonomie monstrueuse, prix accessible et un design qui ne cherche pas à imiter les montres traditionnelles haut de gamme, mais qui assume pleinement son côté geek chic.

Retour sur la genèse : du Pebble Time Round original à la Round 2

En 2015, Pebble lançait le Pebble Time Round. À l’époque, c’était la montre connectée la plus fine du monde : 7,5 mm d’épaisseur. Le public avait adoré le format rond, beaucoup moins le gros bezel noir qui mangeait une partie importante du cadran.

« C’était de loin ma Pebble préférée… mais elle n’était pas parfaite. Le plus gros défaut, c’était ce bezel énorme autour de l’écran. »

Eric Migicovsky – fondateur de Pebble

Onze ans plus tard, la technologie a bien évolué. Les écrans e-paper couleur sont devenus nettement plus fins, les bordures ont fondu et les résolutions ont explosé. Résultat : la Pebble Round 2 affiche désormais 8,1 mm d’épaisseur (à peine 0,6 mm de plus que l’originale) mais propose un écran de 1,3 pouces avec une définition de 260 × 260 pixels, soit 283 DPI. En clair : deux fois plus de pixels et beaucoup moins de bordures noires.

Ce que la Pebble Round 2 apporte (et surtout ce qu’elle n’apporte pas)

La philosophie reste la même qu’en 2012 : moins, c’est plus. Voici les fonctionnalités présentes :

  • Écran e-paper couleur 1,3″ rétroéclairé
  • Suivi d’activité basique (pas, sommeil)
  • Notifications intelligentes
  • Réponse vocale aux messages (Android + iOS UE bientôt)
  • Deux micros pour la reconnaissance vocale
  • Boutons physiques physiques (oui, on insiste)
  • Accéléromètre + magnétomètre
  • Autonomie annoncée : 10 à 14 jours
  • Prix de lancement : 199 €

Et voici ce qu’elle n’a pas (et assumé comme un choix stratégique) :

  • Pas de capteur de fréquence cardiaque
  • Pas de GPS intégré
  • Pas de paiement sans contact
  • Pas d’assistant vocal permanent type Siri/Alexa/Google
  • Pas de musique embarquée (stockage)
  • Pas de micro pour les appels

En clair : si vous cherchez une montre de sport connectée ultra-complète, passez votre chemin. Si vous voulez une seconde montre élégante, discrète, qui donne l’heure, les notifications et qui vous laisse tranquille deux semaines sans prise électrique… alors la Pebble Round 2 pourrait bien devenir votre coup de cœur.

Le grand retour des boutons physiques : un pied de nez au tout-tactile ?

Dans une époque où même les smartphones bas de gamme suppriment les boutons physiques, Pebble fait le choix inverse. Trois boutons sur le côté droit. Point.

Eric Migicovsky défend cette décision avec des arguments très concrets :

« Quand quelqu’un vous appelle en réunion et que vous ne voulez pas décrocher, vous savez exactement où est le bouton du bas. Pas besoin de regarder votre poignet. Pareil pour la musique : bouton central = pause. C’est fiable, rapide, instinctif. »

Ce retour aux sources séduit particulièrement les utilisateurs qui en ont assez de tâtonner sur un écran tactile quand ils portent des gants, quand il pleut, ou tout simplement quand ils veulent rester discret.

Design, matériaux et finitions : du sérieux pour 199 €

La Pebble Round 2 se décline en trois finitions :

  • Matte Black → bracelet silicone 20 mm
  • Silver → compatible 14 mm ou 20 mm
  • Polished Rose Gold → exclusivement 14 mm (le plus fin et élégant)

Le boîtier est en acier inoxydable, le bracelet fourni est en silicone de bonne facture, et des bracelets cuir seront proposés ultérieurement en option. Pour une montre à 199 €, le niveau de finition annoncé semble très compétitif face à des modèles Garmin, Fitbit ou Amazfit dans la même tranche de prix.

L’écosystème Pebble : toujours vivant en 2026 ?

L’un des plus grands atouts historiques de Pebble reste son magasin d’applications et de cadrans. Des milliers de watchfaces et d’applications existent toujours. La plupart devront être adaptées au format rond et à la nouvelle résolution, mais le SDK est disponible et la communauté semble motivée.

Parmi les applications déjà compatibles ou en cours d’adaptation :

  • Assistants IA (Claude, Grok, Gemini…)
  • Applications de productivité (calendrier, tâches, météo avancée)
  • Jeux minimalistes
  • Outils de navigation piétonne
  • Cadrans ultra-personnalisables

La promesse est claire : même si Pebble ne développe pas tout elle-même, la plateforme reste ouverte et vivante grâce à sa communauté historique.

Et l’IA dans tout ça ?

Depuis le retour de la marque, l’intelligence artificielle est devenue un sujet central. Après le lancement d’une bague intelligente capable d’enregistrer et de transcrire des conversations, Pebble tease officiellement l’arrivée de fonctionnalités IA similaires sur ses montres dans les mois à venir.

On peut donc raisonnablement imaginer, d’ici fin 2026 ou début 2027 :

  • Transcription vocale en temps réel
  • Résumé de notifications longues
  • Suggestions intelligentes de réponses
  • Peut-être même une forme légère d’assistant conversationnel

Rien de révolutionnaire comparé à ce que proposent déjà les grosses montres, mais le tout avec une consommation énergétique extrêmement basse. C’est là que réside peut-être la vraie magie.

À qui s’adresse vraiment la Pebble Round 2 en 2026 ?

Voici les profils qui pourraient craquer :

  • Les nostalgiques de la première heure
  • Ceux qui détestent recharger tous les soirs
  • Les amateurs de design minimaliste et élégant
  • Les personnes qui veulent une montre discrète en réunion
  • Les utilisateurs qui refusent de mettre 400-700 € dans une montre connectée
  • Les geeks qui aiment bidouiller des watchfaces et des apps open-source

Et ceux qui risquent de passer à côté :

  • Les sportifs assidus
  • Ceux qui veulent payer avec leur montre
  • Les fans de très grands écrans lumineux
  • Les personnes qui vivent avec leur téléphone greffé à la main

Verdict personnel (et très subjectif)

Je ne vais pas vous mentir : objectivement, la Pebble Round 2 n’est pas la montre la plus puissante de 2026. Elle n’a même pas de cardiofréquencemètre. Et pourtant… je trouve ce projet follement attachant.

Dans un monde où tout le monde veut tout faire, Pebble ose dire : « Et si on faisait juste bien quelques choses essentielles ? » Et ça fait du bien. Ça rappelle qu’une montre peut être un accessoire utile et beau sans être un mini-smartphone au poignet.

Précommande ouverte depuis le 2 janvier 2026, livraisons prévues en mai. À 199 €, le risque est limité. Alors, tentés ? Moi, je l’avoue… j’ai déjà cliqué sur « Précommander ».

Et vous, que pensez-vous de ce retour aux sources assumé ?

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Steven Soarez
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