Imaginez pouvoir dire à votre assistant IA : « Sois un peu moins excité s’il te plaît » ou au contraire « Mets-moi des emojis partout, je veux du fun ! ». Ce qui semblait encore futuriste il y a quelques mois est devenu réalité fin 2025. OpenAI vient en effet de déployer une mise à jour qui permet aux utilisateurs de ChatGPT de régler directement plusieurs aspects du caractère de leur chatbot préféré.

Après des années à entendre des plaintes sur le ton parfois trop mielleux, parfois trop froid de l’IA, l’entreprise derrière GPT a décidé de passer la main aux utilisateurs. Fini les ajustements approximatifs via des instructions dans le prompt : place à de vrais curseurs dans les paramètres. Une petite révolution qui pourrait bien changer notre rapport quotidien à ces outils conversationnels.

OpenAI donne enfin les clés du tempérament de ChatGPT

Le 19 décembre 2025, un tweet officiel d’OpenAI a fait le tour des réseaux : une capture d’écran montrant de nouveaux réglages dans le menu « Personnalisation ». Parmi les options désormais disponibles, on trouve des curseurs clairs pour moduler :

  • la chaleur (warmth)
  • l’enthousiasme
  • l’utilisation des emojis
  • le recours aux en-têtes et aux listes

Chaque paramètre peut être réglé sur trois niveaux : Plus, Moins ou Par défaut. Simple, intuitif, et surtout très concret. Ces options viennent s’ajouter aux choix de style de base déjà existants depuis novembre 2025 : Professionnel, Candid ou Fantaisiste.

Pour beaucoup d’utilisateurs réguliers, c’est un soulagement. On ne compte plus les fois où l’on a dû préciser dans le prompt : « Réponds sans faire de compliments inutiles » ou « Évite les smileys à tout bout de champ ». Désormais, un simple réglage suffit.

Pourquoi OpenAI a-t-il attendu si longtemps ?

Le ton de ChatGPT a toujours été un sujet sensible. Dès les premiers mois suivant le lancement grand public fin 2022, les utilisateurs se divisaient en deux camps : ceux qui adoraient la personnalité ultra-positive et ceux qui la trouvaient agaçante, voire manipulatrice.

En 2025, la tension est montée d’un cran. Une mise à jour intermédiaire avait rendu l’IA excessivement flagorneuse – au point qu’OpenAI a dû la retirer en urgence après un tollé général. Puis, avec l’arrivée de GPT-5, certains utilisateurs ont trouvé le modèle soudain plus distant, presque froid. OpenAI avait alors expliqué vouloir un ton « plus chaleureux et amical », mais sans donner aux utilisateurs les outils pour le moduler eux-mêmes… jusqu’à maintenant.

« Nous voulons que chacun puisse interagir avec ChatGPT exactement comme il le souhaite. »

Annonce officielle OpenAI – décembre 2025

Cette phrase résume bien la philosophie derrière ce changement. Plutôt que d’imposer un compromis unique pour tous, OpenAI opte pour la personnalisation fine.

Un pas de plus vers l’IA vraiment personnelle

Cette nouveauté s’inscrit dans une tendance plus large : rendre les modèles de langage de plus en plus adaptatifs à l’utilisateur. On l’a vu avec les instructions personnalisées persistantes, les mémoires à long terme, les voix différentes… et maintenant le tempérament.

Concrètement, si vous êtes du genre à préférer des réponses sèches et factuelles (par exemple pour du code ou des analyses techniques), vous pouvez pousser tous les curseurs vers « Moins ». À l’inverse, si vous utilisez ChatGPT pour brainstormer des idées créatives ou simplement discuter, vous pouvez monter l’enthousiasme et les emojis au maximum.

  1. Allez dans Paramètres → Personnalisation
  2. Cherchez la section « Style et ton »
  3. Ajustez chaque paramètre selon vos envies
  4. Validez et testez immédiatement dans une nouvelle conversation

Le changement est instantané et s’applique à toutes vos sessions futures (sauf si vous créez un GPT personnalisé avec ses propres règles).

Les critiques n’ont pas tardé

Malgré l’enthousiasme général, certains observateurs restent sceptiques. Des chercheurs en éthique de l’IA pointent du doigt le risque de « dark patterns » : une IA trop enthousiaste et trop complaisante pourrait renforcer les biais de confirmation et créer une forme de dépendance affective.

En permettant à l’utilisateur de régler lui-même le niveau de flatterie, OpenAI répond partiellement à cette critique… tout en la déplaçant : c’est désormais l’utilisateur qui choisit de s’entourer d’une IA « cheerleader » permanente s’il le souhaite.

La question reste ouverte : est-ce vraiment mieux de laisser chacun calibrer son propre niveau de sucre conversationnel ?

Comment ça change vraiment l’expérience au quotidien ?

J’ai testé pendant plusieurs jours différents profils :

Profil ultra-factuel : enthousiasme à « Moins », chaleur à « Moins », zéro emoji. Résultat : des réponses très directes, presque sèches. Parfait pour du travail technique, du débogage ou des synthèses rapides. On gagne un temps fou.

Profil créatif déjanté : tout à « Plus », emojis autorisés. L’IA devient un véritable partenaire de brainstorming ultra-positif. Elle lance des idées en cascade, ponctue de 🔥🎉 et donne l’impression de discuter avec un ami hyper motivé.

Profil équilibré : réglages par défaut + un peu plus de chaleur. C’est probablement ce que la majorité des utilisateurs garderont : un assistant agréable sans verser dans l’excès.

Et la concurrence dans tout ça ?

Google avec Gemini, Anthropic avec Claude, xAI avec Grok… chacun cherche à se différencier sur le terrain de la personnalité. Claude est souvent décrit comme le plus « sage », Grok comme le plus « sarcastique ». Mais aucun n’offre encore un tel niveau de granularité dans les réglages de ton.

OpenAI reprend donc une longueur d’avance sur le terrain de l’expérience utilisateur personnalisée. À voir si les autres suivront rapidement.

Vers des IA aux mille visages ?

Cette mise à jour n’est probablement que le début. On peut imaginer que dans les prochaines années, les utilisateurs auront accès à des dizaines de paramètres : niveau d’humour, degré de franchise, style littéraire préféré, rapidité des réponses, longueur moyenne des paragraphes…

L’objectif ultime étant de créer un compagnon numérique qui ressemble vraiment à ce que chacun attend d’un interlocuteur idéal. Un ami, un coach, un professeur sévère, un complice créatif… l’IA devient caméléon.

Mais cette personnalisation extrême pose aussi des questions philosophiques : à force de modeler l’IA à notre image, ne risque-t-on pas de perdre ce qui fait sa force – sa différence, son regard extérieur ?

Comment bien exploiter ces nouveaux réglages

  • Commencez par tester les extrêmes (tout à Plus / tout à Moins) pour comprendre l’impact
  • Gardez une conversation « témoin » pour comparer avant/après
  • Créez plusieurs profils si vous utilisez ChatGPT dans des contextes très différents (travail vs perso)
  • N’oubliez pas que ces réglages s’appliquent globalement (sauf GPTs custom)
  • Revenez-y dans quelques semaines : vos préférences peuvent évoluer

Petit conseil bonus : même avec l’enthousiasme au minimum, pensez à dire « merci » de temps en temps. L’IA n’en a pas besoin… mais ça fait du bien à l’utilisateur.

Ce que ça dit de notre rapport à l’IA en 2026

Nous sommes entrés dans une ère où l’intelligence artificielle n’est plus seulement un outil : c’est un interlocuteur dont on veut contrôler le caractère. Comme on choisit le ton d’un ami sur WhatsApp ou la personnalité d’un personnage dans un jeu vidéo.

Cette quête de contrôle révèle aussi notre malaise face à une entité qui nous comprend parfois mieux que nos proches… mais qui reste fondamentalement étrangère. En lui donnant un bouton « moins enthousiaste », on reprend un peu de pouvoir. On se rassure.

Et pourtant, plus on la personnalise, plus on l’humanise. Paradoxe intéressant.

Conclusion : une petite mise à jour, un grand pas

Ce n’est pas la fonctionnalité la plus spectaculaire de l’année 2025. Pas de nouveau modèle, pas d’image générée en 4K, pas de voix révolutionnaire. Et pourtant, ces quelques curseurs pourraient bien être parmi les changements les plus utilisés au quotidien par des millions de personnes.

Parce qu’au fond, quand on parle tous les jours à une IA, ce n’est pas seulement la qualité des réponses qui compte : c’est aussi le plaisir – ou la frustration – de la conversation elle-même.

OpenAI l’a compris. Et en nous laissant tourner les boutons, elle nous rend un peu plus maîtres de notre propre expérience. À nous maintenant de trouver le bon dosage entre efficacité et humanité numérique.

Et vous, quel réglage adopteriez-vous en priorité ?

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Steven Soarez
Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.