Et si l’une des figures les plus emblématiques de la Silicon Valley décidait de reprendre le jeu exactement là où tout le monde pensait qu’elle avait rangé ses ambitions ? En décembre 2025, Marissa Mayer a créé la surprise en dévoilant Dazzle, sa nouvelle startup, accompagnée d’une levée de fonds de 8 millions de dollars. Après des années compliquées avec Sunshine, elle revient avec un projet beaucoup plus ambitieux : construire la prochaine génération d’assistants personnels dopés à l’intelligence artificielle.

Ce retour n’est pas anodin. Marissa Mayer n’est pas n’importe quelle entrepreneuse. Son parcours chez Google puis à la tête de Yahoo lui a valu une aura particulière, faite d’admiration et de critiques. Aujourd’hui, elle semble déterminée à prouver qu’elle peut encore créer un produit qui change réellement la vie des gens au quotidien.

Marissa Mayer : un come-back très attendu

Quand on prononce le nom de Marissa Mayer, les souvenirs affluent immédiatement : la première femme ingénieure chez Google, la responsable du design de la page d’accueil, la créatrice de l’expérience Maps et AdWords que nous utilisons encore massivement. Puis son passage mouvementé chez Yahoo entre 2012 et 2017. Depuis, elle était restée relativement discrète sur le devant de la scène tech… jusqu’à maintenant.

En lançant Dazzle, elle ne se contente pas de revenir : elle choisit un terrain ultra-concurrentiel et stratégique : celui des assistants personnels intelligents propulsés par l’IA générative. Un marché que tout le monde guette depuis l’explosion de ChatGPT, mais qui reste encore largement dominé par les géants.

Dazzle : plus qu’un simple assistant vocal

Pour l’instant, les détails précis sur le produit restent limités. Marissa Mayer elle-même reste volontairement évasive sur les fonctionnalités exactes. Pourtant, plusieurs indices permettent de dessiner les contours de ce que pourrait être Dazzle.

Il s’agirait d’un assistant qui va bien au-delà des classiques rappels, météo et envoi de messages. L’objectif affiché est de créer un compagnon numérique capable de comprendre profondément les habitudes, les priorités et même les émotions de son utilisateur pour anticiper ses besoins de manière proactive et naturelle.

Nous voulons construire quelque chose qui ait un impact aussi grand que ce que Google Search ou Maps ont pu représenter à leur époque.

Marissa Mayer – décembre 2025

Cette citation donne le ton : Mayer ne vise pas une simple application de plus. Elle veut marquer l’histoire une troisième fois.

Un financement de qualité plutôt que de quantité

Avec seulement 8 millions de dollars levés en seed, on pourrait penser que l’opération est modeste. Pourtant, la qualité des investisseurs change complètement la perspective.

  • Kirsten Green (Forerunner Ventures) – lead investor
  • Kleiner Perkins
  • Greycroft
  • Offline Ventures
  • Slow Ventures
  • Bling Capital

Le nom qui ressort le plus est évidemment celui de Kirsten Green. Cette investisseuse est devenue une légende du capital-risque américain grâce à ses paris gagnants très tôt sur des marques grand public iconiques : Warby Parker, Dollar Shave Club, Chime, Bonobos… Sa présence au tour de table donne immédiatement une très forte crédibilité à Dazzle.

Marissa Mayer a tenu à préciser que même si elle a investi son propre argent, c’est bien Kirsten Green qui a mené le tour. Un signe fort de confiance mutuelle et de sérieux du projet.

De Sunshine à Dazzle : les leçons d’un échec

Il est impossible de parler de Dazzle sans revenir sur Sunshine, le précédent projet de Marissa Mayer. Lancée en 2018 sous le nom Lumi Labs, la société avait levé environ 20 millions de dollars pour développer une application de gestion de contacts premium… qui n’a jamais vraiment décollé.

Les critiques ont été nombreuses : polémique sur l’utilisation de données publiques pour enrichir les fiches contacts, interface jugée dépassée, manque d’adoption massive malgré le nom de sa fondatrice. En 2024, une tentative de pivot vers le partage photo avec l’outil « Shine » n’a pas inversé la tendance.

Marissa Mayer a été étonnamment transparente sur cet échec :

Les problèmes que nous traitions étaient trop mundanes. Ils n’étaient pas assez grands, pas assez ambitieux.

Marissa Mayer à TechCrunch

Cette lucidité est plutôt rare dans la Silicon Valley. Elle explique aussi pourquoi l’équipe a décidé, dès l’été 2025, de pivoter radicalement vers un projet beaucoup plus disruptif : Dazzle.

Pourquoi l’IA grand public intéresse tant les investisseurs en 2026 ?

Pendant les trois premières années de la vague IA générative (2022-2025), l’essentiel des financements s’est concentré sur l’infrastructure (puces, modèles fondateurs, cloud IA) et les applications B2B (automatisation, support client, code, juridique…).

Mais depuis mi-2025, une inflexion claire se dessine : le consumer AI devient enfin attractif. Kirsten Green elle-même l’expliquait déjà en interview :

L’IA grand public a été une late bloomer. Elle arrive maintenant à maturité et va connaître son moment de décollage.

Kirsten Green – 2025

Les investisseurs cherchent donc les prochains noms qui réussiront à créer une relation quotidienne et émotionnelle avec des millions d’utilisateurs. Dazzle fait clairement partie de cette nouvelle vague.

Quels seront les défis majeurs de Dazzle ?

Même avec un tel pedigree et un tour de table impressionnant, la route s’annonce semée d’embûches. Voici les principaux défis identifiés :

  1. Se différencier dans un marché déjà encombré (ChatGPT, Gemini, Claude, Siri amélioré, Alexa, Copilot…)
  2. Atteindre une précision et une fiabilité exceptionnelles pour devenir indispensable au quotidien
  3. Gérer les questions ultra-sensibles de confidentialité et de sécurité des données personnelles
  4. Proposer un modèle économique viable (abonnement ? freemium ? publicité contextuelle ?)
  5. Rivaliser avec les budgets R&D colossaux des Big Tech

Chacun de ces points représente un mur potentiel. Pourtant, l’histoire de la tech regorge d’exemples où un outsider bien dirigé a réussi à bouleverser un marché dominé par des géants.

Un calendrier 2026 très chargé

Selon les déclarations officielles, Dazzle devrait sortir de stealth mode début 2026. Cela signifie que les premières démos publiques, les beta-tests ou même un lancement limité pourraient intervenir dans les prochains mois.

Pour les observateurs de la tech, l’année 2026 s’annonce déjà comme une année charnière pour l’IA grand public. Plusieurs gros acteurs préparent des annonces majeures et la concurrence sera féroce.

Marissa Mayer entre donc dans l’arène à un moment où tout reste encore possible… mais où les fenêtres d’opportunité se referment très vite.

Retour sur le parcours hors norme de Marissa Mayer

Pour bien comprendre l’importance symbolique de ce come-back, il faut remonter un peu dans le temps. Diplômée de Stanford en informatique et symbolique systems, Marissa Mayer intègre Google en 1999 comme employée numéro 20.

Elle devient rapidement une figure centrale :

  • Redesign complet de la page d’accueil Google
  • Lancement et développement de Google Images
  • Supervision de Google Maps
  • Responsable de l’expérience utilisateur AdWords (futur Google Ads)

En 2012, elle accepte le défi quasi impossible de redresser Yahoo. Pendant cinq ans, elle tente de moderniser l’entreprise, rachète des startups (Tumblr notamment), investit massivement dans le mobile… sans jamais vraiment inverser le déclin structurel.

Aujourd’hui, à la tête de Dazzle, elle repart d’une feuille blanche avec une équipe qu’elle connaît bien (une grande partie vient de Sunshine) et une vision beaucoup plus claire de ce qu’elle veut accomplir.

Vers un futur où l’IA personnelle devient vraiment personnelle ?

Ce qui rend Dazzle potentiellement intéressant, c’est la promesse d’un assistant qui ne se contente pas de répondre à des commandes, mais qui comprend vraiment son utilisateur sur le long terme.

Imaginez un compagnon numérique qui :

  • sait quand vous êtes stressé avant même que vous le disiez
  • anticipe vos besoins professionnels en fonction de votre calendrier et de vos habitudes
  • gère subtilement vos relations personnelles (anniversaires, suivi amical…)
  • vous propose des idées créatives ou des solutions auxquelles vous n’aviez pas pensé

C’est exactement ce niveau d’intelligence émotionnelle et contextuelle que vise la nouvelle génération d’assistants. Reste à savoir si Dazzle y parviendra là où les autres ont encore beaucoup de progrès à faire.

Les investisseurs parient sur l’expertise de Mayer

Malgré l’échec relatif de Sunshine, les fonds ont répondu présents. Pourquoi ? Parce que Marissa Mayer reste l’une des rares personnes à avoir construit et dirigé des produits utilisés par des centaines de millions de personnes au quotidien.

Elle a prouvé qu’elle savait :

  • concevoir des interfaces intuitives
  • scaler des produits à l’échelle mondiale
  • prendre des décisions produit difficiles
  • communiquer une vision

Ces compétences sont rares et extrêmement précieuses quand il s’agit de créer un nouveau standard dans l’IA grand public.

Conclusion : 2026, l’année du test

2026 sera une année décisive pour Dazzle. Si le produit tient ses promesses et parvient à créer un réel attachement chez les premiers utilisateurs, il pourrait rapidement devenir l’un des noms les plus surveillés de la tech grand public.

Dans le cas contraire, le come-back de Marissa Mayer risque d’être jugé sévèrement par une communauté tech qui ne pardonne pas facilement les seconds actes ratés.

Mais une chose est sûre : avec Dazzle, Marissa Mayer ne cherche pas à faire un coup d’énième application. Elle veut laisser une trace durable, une troisième fois. Et pour cela, elle a réuni autour d’elle certains des meilleurs investisseurs et une vision très claire.

Rendez-vous début 2026 pour découvrir si Dazzle tiendra toutes ses promesses… ou si la magie ne prendra pas une troisième fois.

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Steven Soarez
Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.