Saviez-vous que dans le monde effréné des startups technologiques, certaines rivalités peuvent prendre des allures de thriller hollywoodien ? C’est exactement ce qui se passe entre Rippling et Deel, deux géants de la gestion des ressources humaines. Une affaire d’espionnage, digne des meilleurs scénarios de cinéma, vient de secouer cet univers compétitif. Un employé de Rippling a récemment confessé avoir vendu des informations sensibles à Deel, son rival direct, dans une intrigue mêlant ruse, technologie et trahison.
Quand la concurrence devient un jeu d’espions
Dans l’univers des startups, la course à l’innovation et à la domination du marché peut parfois pousser les acteurs à franchir des lignes éthiques. L’histoire entre Rippling et Deel en est un exemple frappant. Rippling, une plateforme spécialisée dans la gestion des effectifs, a récemment porté plainte contre Deel, l’accusant d’avoir orchestré une opération d’espionnage en recrutant un de ses employés pour voler des données confidentielles. Cette affaire, qui a éclaté au grand jour en avril 2025, révèle les tensions extrêmes qui règnent dans ce secteur.
Un employé au cœur de la tempête
Tout commence avec Keith O’Brien, un employé de Rippling basé à Dublin, au sein du département de la paie mondiale. Recruté en juillet 2023, cet homme semblait mener une carrière ordinaire dans une entreprise en pleine croissance. Mais en 2024, tout bascule. Après un entretien infructueux avec Deel, O’Brien établit un contact avec le PDG de cette dernière via LinkedIn. Ce qui suit ressemble à une descente dans un monde d’intrigues : Deel lui aurait proposé de rester chez Rippling, non pas pour y travailler loyalement, mais pour devenir une taupe.
Selon ses propres aveux, O’Brien a accepté une offre alléchante : 5 000 € par mois, avec des paiements parfois effectués en cryptomonnaie, pour transmettre des informations sensibles. Pendant quatre mois, il aurait fouillé dans les outils internes de Rippling – Slack, Google Drive – pour livrer des données sur les prospects, les projets en cours et même les clients de Deel que Rippling ciblait.
Une opération digne d’un roman d’espionnage
Imaginez la scène : un employé discret, tapi dans l’ombre d’un bureau moderne, capturant des écrans avec son téléphone, effaçant ses traces… ou du moins, le croyant. O’Brien affirme avoir partagé des détails sur des centaines d’entreprises intéressées par Rippling, des notes internes de l’équipe commerciale et des informations stratégiques sur les produits à venir. Cette opération, selon lui, était dirigée par les plus hauts responsables de Deel, y compris son PDG et son directeur financier.
J’ai effectué des recherches dans Slack et Google Drive pour trouver ce qu’ils voulaient.
Keith O’Brien, dans son affidavit
Mais comme dans tout bon thriller, le plan a fini par s’effondrer. O’Brien pensait avoir couvert ses traces en effaçant les preuves, mais certaines de ses captures d’écran s’étaient automatiquement sauvegardées sur son iCloud. Une erreur fatale qui allait bientôt le trahir.
Le piège qui a tout fait basculer
Rippling, flairant une fuite, a décidé de tendre un piège astucieux. L’entreprise a créé un canal Slack fictif nommé « d-defectors », dans lequel elle a laissé entendre qu’elle détenait des informations compromettantes sur Deel. Peu après, O’Brien a reçu l’ordre de fouiller ce canal. Cette action l’a immédiatement exposé : le 14 mars 2025, alors qu’il se rendait au bureau, un avocat l’attendait avec une ordonnance judiciaire pour saisir ses appareils.
Paniqué, O’Brien a tenté de limiter les dégâts. Il a caché son téléphone, s’est enfermé dans les toilettes pour le réinitialiser, puis a simulé un flush pour faire croire qu’il l’avait jeté. Plus tard, il est allé jusqu’à détruire l’appareil à la hache chez sa belle-mère, suivant des conseils qu’il attribue à des contacts liés à Deel. Mais le mal était fait : Rippling avait désormais la preuve de ses agissements.
De la fuite à la confession
Après avoir été démasqué, O’Brien a d’abord suivi les directives de Deel. Il a échangé des messages avec le PDG et des supposés avocats de l’entreprise, qui lui auraient suggéré de fuir à Dubaï avec sa famille pour échapper à une extradition. Ils lui ont aussi conseillé de prétendre que Rippling facilitait des paiements illégaux vers la Russie, le positionnant comme un lanceur d’alerte. Mais O’Brien, rongé par l’anxiété, a finalement choisi une autre voie.
Avec l’aide d’un avocat personnel, il a décidé de collaborer avec les autorités et de tout avouer. Dans un affidavit signé le 1er avril 2025, il a détaillé l’opération, reconnaissant que ses déclarations initiales sur Rippling étaient fausses. Ce revirement spectaculaire a transformé cette affaire en un scandale public, alimentant les débats dans le monde des startups.
Les répercussions pour Rippling et Deel
Pour Rippling, cette affaire est une victoire stratégique. En publiant l’affidavit et en poursuivant Deel en justice, l’entreprise cherche à protéger ses secrets commerciaux tout en envoyant un message clair à ses concurrents. Les accusations portées incluent des violations graves, comme le détournement de données et des pratiques de concurrence déloyale, avec des références à des lois aussi sérieuses que le RICO Act, souvent utilisé contre le crime organisé.
Les preuves sont accablantes. Les dirigeants de Deel devront répondre de leurs actes.
Alex Spiro, avocat de Rippling
De son côté, Deel nie toute malversation. Dans une déclaration antérieure, l’entreprise a qualifié les allégations de Rippling de « sensationalistes », suggérant qu’il s’agit d’une tentative de détourner l’attention d’autres controverses. Mais pour l’instant, Deel reste silencieux face à cette nouvelle vague de révélations, laissant planer le doute sur sa défense.
Un secteur sous tension
Cette affaire ne concerne pas seulement Rippling et Deel. Elle met en lumière les rivalités féroces qui agitent le secteur des technologies RH. D’autres acteurs, comme Papaya Global, ont publiquement salué Rippling pour avoir dénoncé ces pratiques. Mais elle soulève aussi des questions : jusqu’où les startups sont-elles prêtes à aller pour devancer leurs concurrents ? Et comment les employés, pris entre deux feux, peuvent-ils naviguer dans ces eaux troubles ?
- Rivalité exacerbée : Les startups tech se livrent une guerre sans merci pour dominer leur marché.
- Éthique en question : L’espionnage industriel devient-il une arme courante ?
- Conséquences legales : Les poursuites pourraient redéfinir les règles du jeu.
Que retenir de ce scandale ?
L’affaire Rippling-Deel est bien plus qu’un simple différend entre deux entreprises. Elle illustre les enjeux colossaux qui se jouent dans l’ombre des startups : la protection des données, la loyauté des employés et la frontière fragile entre compétition et illégalité. Alors que l’enquête suit son cours, une chose est sûre : ce scandale continuera de captiver l’attention, tant par son caractère dramatique que par ses implications pour l’avenir des technologies RH.
Et vous, que pensez-vous de cette histoire ? Les startups doivent-elles repenser leurs méthodes pour éviter de tels dérapages ? Une chose est certaine : dans ce monde où l’innovation est reine, la vigilance reste de mise.
Aspect | Rippling | Deel |
Position | Victime et plaignant | Accusé d’espionnage |
Actions | Poursuite judiciaire | Démenti formel |
Enjeu | Protéger ses données | Préserver sa réputation |
Ce tableau résume les positions des deux camps, mais l’histoire est loin d’être terminée. Les mois à venir promettent de nouvelles révélations, et peut-être, une redéfinition des règles dans ce secteur en ébullition.