Imaginez un instant : vous êtes en 2026, votre smartphone est magnifique, l’écran est immense, les photos sont incroyables… mais vous tapez toujours sur du verre. Et si, justement, c’était le verre qui nous fatiguait ? Et si le vrai confort, la vraie rapidité, c’était finalement… des touches qui cliquent sous les doigts ?

C’est sur ce pari audacieux que mise Clicks Technology depuis plusieurs années. Après avoir conquis un public nostalgique avec ses claviers amovibles pour iPhone et Android, la jeune pousse vient de franchir un cap symbolique très fort : elle dévoile son premier smartphone complet, le Communicator. Et non, ce n’est pas un accessoire. C’est un vrai téléphone, sous Android 16, avec l’ambition de réconcilier la génération tactile avec le plaisir oublié du clavier physique.

Le smartphone qui ose dire non au full écran

Présenté en prototype fonctionnel (mais pas encore commercial) lors du CES 2026 à Las Vegas, le Clicks Communicator ne cherche pas à ressembler aux flagships actuels. Il assume totalement son parti pris : un écran relativement petit de 4,03 pouces, surplombant un clavier QWERTY complet, tactile mais surtout physique.

Le premier contact est assez déconcertant. On a l’impression de tenir un petit rectangle du passé dans la paume. Et pourtant… après quelques minutes, la main s’habitue. Le poids est maîtrisé (environ 170 g), le dos est galbé, les tranches tombent parfaitement sous les doigts. C’est étonnamment agréable.

Un clavier qui fait débat… jusque dans les grammes

Le cœur du Communicator, c’est évidemment son clavier. Et là, les débats font rage jusque dans les bureaux de Clicks. La question n’est pas de savoir s’il doit être « clicky »… mais à quel point.

Les ingénieurs et cofondateurs se disputent encore entre 110 g, 120 g ou 130 g de pression nécessaire pour enfoncer une touche. Plus on monte, plus c’est franc, plus on redescend, plus c’est doux et accessible. Pour l’instant, la tendance semble pencher vers le plus « clicky ».

« On se bat littéralement sur des grammes. Michael Fisher, Kevin Michaluk et moi, on discute de ça tous les jours. »

Jeff Gadway, cofondateur et CMO de Clicks

Ce détail peut sembler anecdotique. Il est pourtant révélateur de la philosophie de l’entreprise : ne pas faire un produit « sympa » ou « vintage », mais un produit qui donne réellement envie de taper beaucoup, longtemps, tous les jours.

Android 16, Niagara Launcher et une vraie philosophie minimaliste

Sous le capot, pas de surprise : Android pur, version 16 au lancement. Pas de surcouche lourde. L’interface d’accueil a été confiée à Niagara Launcher, connu pour son minimalisme extrême et sa liste verticale d’applications.

Le résultat est radical : très peu d’icônes sur l’écran d’accueil, une barre de recherche omniprésente, et l’envie de passer la plupart du temps sur le clavier plutôt que de scroller sans fin. C’est assumé : le Communicator est conçu pour les gens qui écrivent beaucoup plus qu’ils ne consomment du contenu passivement.

  • Écran AMOLED 4,03″ – 1080 × 1200 px
  • Processeur MediaTek 5G IoT gravé en 4 nm
  • 8 Go de RAM + 256 Go de stockage (extensible microSD jusqu’à 2 To)
  • Batterie silicon-carbone 4000 mAh
  • Recharge filaire 18 W + sans fil 15 W (Qi)
  • Android 16 → promesses jusqu’à Android 20 + 5 ans de correctifs sécurité

Ces caractéristiques ne sont pas celles d’un monstre de puissance, mais elles sont très largement suffisantes pour un usage quotidien centré sur la communication, les mails, les messages, les notes, les réseaux sociaux textuels.

Le fameux « Signal Light » : une idée aussi simple que puissante

L’une des fonctionnalités les plus intrigantes du Communicator est sans doute son bouton latéral lumineux, surnommé « Signal Light ».

Ce petit bouton peut être programmé pour s’allumer de différentes couleurs ou motifs selon l’expéditeur du message : patron en rouge clignotant, enfants en vert doux, meilleur ami en bleu, etc. Même écran éteint, vous savez immédiatement si vous devez attraper le téléphone… ou pas.

Dans un monde où les notifications sont devenues oppressantes, cette approche physique et colorée change réellement la relation à l’appareil. On revient à une forme de politesse numérique : l’objet vous parle sans vous agresser.

Un produit qui s’adresse aussi aux nostalgiques… et aux nouveaux convertis

Évidemment, la première cible est constituée par les anciens utilisateurs de BlackBerry, les journalistes, les avocats, les traders, tous ceux qui ont pleuré la fin des vrais claviers physiques en 2016-2017.

Mais Clicks vise plus loin. La société espère séduire aussi une nouvelle génération qui n’a jamais connu autre chose que le tactile, simplement parce qu’elle est épuisée par la saisie sur verre, les fautes de frappe, les pouces qui glissent, les ongles qui rayent l’écran.

« On ne veut pas faire un téléphone rétro. On veut faire le téléphone que les gens auraient dû avoir en 2026 si l’industrie n’avait pas tout misé sur le grand écran. »

Un membre de l’équipe Clicks (off the record)

Prix, disponibilité et positionnement

Le tarif officiel est fixé à 499 $, soit le prix d’un milieu de gamme sérieux en 2026. Pour un produit aussi niche, c’est plutôt bien joué. Il ne concurrence pas directement les Samsung, Google Pixel ou iPhone du moment, mais plutôt les Nothing Phone, les Asus Zenfone compacts ou les Sony Xperia 5.

La livraison est prévue pour la seconde moitié de 2026. Entre-temps, Clicks continue d’affiner le feeling des touches, les finitions, les couleurs des coques interchangeables et la calibration du Signal Light.

Pourquoi ce retour du clavier physique pourrait (vraiment) marcher en 2026 ?

Il y a cinq ans, un tel produit aurait paru complètement anachronique. Aujourd’hui, plusieurs signaux convergent :

  1. La fatigue du tactile est réelle. Beaucoup de power users tapent des dizaines de milliers de mots par mois et souffrent réellement des écrans tactiles.
  2. Le marché des téléphones compacts est en pleine résurrection (Asus Zenfone 10/11, Sony Xperia, Unihertz, etc.).
  3. La personnalisation et la différenciation sont devenues des critères d’achat majeurs.
  4. La nostalgie « retro-tech » est devenue un vrai business (téléphones à clapet, GameBoy Mini, etc.).
  5. Enfin, le mouvement « slow tech » et « digital minimalism » gagne du terrain.

Le Communicator arrive donc à un moment où il peut être perçu non plus comme un gadget rétro, mais comme une alternative crédible et même avant-gardiste.

Les limites et les questions qui restent en suspens

Malgré tous ses atouts, le produit soulève aussi des interrogations légitimes :

  • La taille de l’écran sera-t-elle réellement suffisante au quotidien ?
  • La caméra 50 Mpx avec OIS + la 24 Mpx frontale suffiront-elles en 2026 ?
  • Le processeur MediaTek 4 nm milieu de gamme tiendra-t-il le rythme sur 4-5 ans ?
  • La communauté Android sera-t-elle prête à adopter un téléphone aussi atypique ?
  • Enfin, 499 $ est-il le bon prix ou aurait-il fallu descendre plus bas pour créer un effet de surprise ?

Ces questions, Clicks les connaît. L’entreprise avance prudemment, communique beaucoup avec sa communauté et affine sans cesse.

Conclusion : un pari risqué… mais terriblement excitant

Le Clicks Communicator ne va pas remplacer les iPhone 16 Pro Max ni les Galaxy S26 Ultra. Ce n’est pas son ambition.

En revanche, il pourrait devenir l’objet culte d’une niche très fidèle : les écrivains nomades, les journalistes de terrain, les développeurs qui aiment coder en déplacement, les personnes en burn-out numérique qui veulent reprendre le contrôle de leur attention.

Et si, dans quelques années, on se disait finalement que le plus grand acte de rébellion tech de 2026… c’était de remettre un clavier physique sur un smartphone ?

À suivre, très attentivement.

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Steven Soarez
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