Saviez-vous qu’un homme ayant contribué à faire d’Uber une licorne mondiale considère aujourd’hui le capital-risque comme une relique du passé ? Bradley Tusk, figure emblématique du monde des startups, a récemment secoué l’écosystème tech en annonçant qu’il tournait le dos au modèle traditionnel du venture capital (VC). Après des années à financer des entreprises naissantes, cet ancien « fixer » – un terme qu’il affectionne pour décrire son talent à résoudre des problèmes complexes – se lance dans une nouvelle aventure. Mais pourquoi ce virage audacieux et qu’est-ce que cela signifie pour l’avenir des jeunes pousses technologiques ? Plongeons dans son parcours, ses idées visionnaires et les leçons qu’il nous offre.
Quand le VC Perd Son Souffle
Bradley Tusk n’a pas mâché ses mots : pour lui, le capital-risque est « effectivement mort depuis quatre ans ». Cette déclaration, prononcée avec l’assurance de celui qui a vu l’envers du décor, interpelle. Mais qu’est-ce qui pousse un vétéran du VC, cofondateur de Tusk Venture Partners, à tirer un tel constat ? La réponse réside dans une combinaison de facteurs économiques et structurels qui ébranlent ce modèle autrefois intouchable.
Un Modèle en Crise
Le VC traditionnel repose sur une promesse simple : investir dans des startups prometteuses pour générer des rendements colossaux lors de leur introduction en bourse ou de leur acquisition. Mais aujourd’hui, cette mécanique montre ses limites. Les marchés publics, secoués par des incertitudes comme les politiques tarifaires de l’ère Trump, hésitent à accueillir de nouvelles entreprises. La liquidité, nerf de la guerre pour les investisseurs, se raréfie. Tusk le sait : sans sorties lucratives, le modèle s’essouffle.
Le venture capital est effectively dead depuis quatre ans, et il est temps de passer à autre chose.
Bradley Tusk
Face à ce constat, Tusk a décidé de ne pas lever un quatrième fonds pour Tusk Venture Partners. Une décision radicale, mais cohérente avec sa vision : pourquoi s’entêter dans un système qui ne fonctionne plus ? Au lieu de cela, il mise sur une approche plus pragmatique, adaptée aux besoins réels des startups d’aujourd’hui.
Equity-for-Services : Une Révolution pour les Startups
Plutôt que de distribuer des chèques en espérant un retour sur investissement lointain, Tusk revient à ses racines de « fixer ». Il lance une firme basée sur le modèle *equity-for-services*, où il échange son expertise contre des parts dans des entreprises en phase de démarrage. Mais de quoi s’agit-il exactement ? En clair, il aide les startups à naviguer dans le labyrinthe des régulations technologiques, un domaine qu’il maîtrise comme peu d’autres.
Son expérience parle pour lui. Lorsqu’il conseillait Uber à ses débuts, Tusk a joué un rôle clé dans la conquête de marchés urbains face à des régulateurs hostiles. Cette capacité à débloquer des situations complexes est aujourd’hui son arme secrète. Pour les jeunes entreprises, souvent démunies face aux lois et aux politiques locales, ce service vaut de l’or.
- Conseils sur mesure : Tusk apporte une expertise en politique et régulation.
- Économie de trésorerie : Les startups préservent leur cash en échangeant des parts.
- Accès à un réseau : Son carnet d’adresses ouvre des portes.
Le Risque Calculé : Demander Pardon Plutôt que Permission
Une des philosophies qui ont fait le succès de Tusk – et qu’il continue de prôner – est celle du « mieux vaut demander pardon que permission ». Cette approche, popularisée dans la Silicon Valley, consiste à agir vite, tester les limites, et ajuster ensuite si nécessaire. Mais est-ce toujours pertinent dans un monde où les régulations se durcissent ?
Pour Tusk, tout dépend du contexte. Avec Uber, cette stratégie a permis de bousculer les monopoles des taxis avant que les lois ne rattrapent l’innovation. Aujourd’hui, il conseille aux fondateurs d’évaluer les risques : si l’enjeu est majeur et les obstacles réglementaires flous, foncer peut être payant. Mais il met en garde : dans des secteurs sensibles comme la santé ou la finance, la prudence s’impose.
Secteur | Risque | Stratégie |
Mobilité | Moyen | Agir vite, ajuster après |
Santé | Élevé | Consulter d’abord |
Fintech | Modéré | Équilibrer innovation et conformité |
Le Vote Mobile : Une Passion Démocratique
Si Tusk se concentre sur les startups, il ne s’arrête pas là. Une de ses ambitions les plus audacieuses est de réinventer la démocratie grâce au vote mobile. Convaincu que la participation électorale est freinée par des systèmes archaïques, il travaille sur une technologie sécurisée et open-source pour permettre aux citoyens de voter depuis leur smartphone.
Ce projet, qui pourrait transformer les élections, repose sur une idée simple : rendre le vote aussi accessible que commander une pizza. Mais les défis sont immenses : sécurité des données, acceptation par les institutions, méfiance du public. Pourtant, Tusk y croit dur comme fer, et son passé de stratège politique – il a notamment travaillé pour Michael Bloomberg – lui donne une crédibilité unique.
Si on peut tout faire depuis notre téléphone, pourquoi pas voter ?
Bradley Tusk
Un Parcours Hors Norme
Pour comprendre les choix de Tusk, il faut remonter à ses origines. Avant de devenir une pointure de la tech, il a forgé son expérience dans les coulisses du pouvoir. Conseiller politique, stratège pour des campagnes électorales, il a appris à jongler avec les crises et à transformer des idées en réalités tangibles. Cette polyvalence fait de lui bien plus qu’un investisseur : un véritable architecte de solutions.
Son passage chez Uber reste un cas d’école. À une époque où l’entreprise luttait pour s’implanter dans des villes hostiles, Tusk a su mobiliser des soutiens politiques et contourner les obstacles. Ce talent pour « réparer » les problèmes est au cœur de sa nouvelle mission.
Et Après ? L’Avenir Selon Tusk
Alors que le VC traditionnel vacille, Tusk incarne une nouvelle vague d’entrepreneurs-investisseurs. Son modèle *equity-for-services* pourrait inspirer d’autres acteurs à repenser leur approche. Quant au vote mobile, il représente un pari sur l’avenir de la participation citoyenne, dans un monde où la technologie redéfinit les règles du jeu.
Une chose est sûre : Bradley Tusk ne compte pas s’arrêter. À l’heure où les startups cherchent des guides dans un paysage incertain, son expérience et sa vision pourraient bien façonner la prochaine génération d’innovateurs. Et vous, que pensez-vous de cette transition ? Le VC est-il vraiment mort, ou simplement en mue ?