Vous passez en moyenne 8 heures par semaine à jongler avec votre agenda ? Entre les « Quand es-tu dispo ? », les « Ça te va plutôt 11h ou 15h ? » et les inévitables reports de dernière minute, organiser un simple rendez-vous peut vite ressembler à un marathon administratif. Et si une intelligence artificielle pouvait mener ces négociations à votre place, avec la finesse d’un assistant personnel ultra-compétent ? C’est exactement la promesse de Blockit, la nouvelle startup qui fait déjà parler d’elle dans la Silicon Valley.

Quand un ex-investisseur Sequoia décide de devenir fondateur

Kais Khimji n’est pas un inconnu dans l’écosystème startup. Pendant six années, il a été partner chez Sequoia Capital, l’un des fonds les plus prestigieux au monde. Il a accompagné certaines des licornes les plus impressionnantes de la dernière décennie. Pourtant, comme plusieurs de ses anciens collègues (pensons à David Vélez avec Nubank), l’envie de créer plutôt que d’investir ne l’a jamais quitté.

L’idée de Blockit germe en réalité il y a une dizaine d’années, alors qu’il était encore étudiant à Harvard. Elle a mûri pendant des années avant d’éclore en 2026 sous la forme d’une entreprise qui veut réinventer la façon dont nos agendas communiquent entre eux.

Et le vote de confiance ne s’est pas fait attendre : Sequoia Capital, son ancien employeur, a mené le tour de seed de 5 millions de dollars. Pat Grady, general partner chez Sequoia, n’a pas hésité à écrire noir sur blanc que Blockit avait le potentiel de devenir une entreprise générant plus d’un milliard de dollars de revenus annuels.

« Blockit a une chance de devenir une entreprise à plus d’un milliard de dollars de revenus, et Kais va s’assurer qu’elle y arrive. »

Pat Grady, General Partner chez Sequoia Capital

Pourquoi les solutions actuelles ne suffisent plus

Calendly domine aujourd’hui le marché de la prise de rendez-vous en ligne. La startup américaine, valorisée 3 milliards de dollars lors de sa dernière levée, a popularisé le concept du lien de disponibilité : vous envoyez un lien, votre interlocuteur choisit un créneau, fin de l’histoire. Simple, efficace… mais terriblement limité dès que la discussion devient un tant soit peu complexe.

Que faire quand :

  • les disponibilités changent en temps réel ?
  • il faut jongler entre plusieurs fuseaux horaires ?
  • certains créneaux sont « sacrés » (réunions direction, coaching personnel, etc.) ?
  • la priorité dépend du ton ou du contexte de la demande ?
  • il faut trouver un lieu physique en plus de l’horaire ?

C’est là que les tentatives précédentes ont souvent achoppé. Clara Labs et x.ai, deux startups pionnières dans l’automatisation de l’agenda par IA, ont finalement disparu (le domaine x.ai a même été racheté par Elon Musk pour son projet d’intelligence artificielle). La technologie n’était pas encore assez mature. Aujourd’hui, avec les grands modèles de langage de 2025-2026, les choses ont radicalement changé.

Comment fonctionne réellement Blockit ?

L’approche de Blockit est radicalement différente de Calendly. Au lieu de vous obliger à partager un lien public, Blockit déploie un agent IA personnel pour chaque utilisateur. Cet agent dispose d’un accès sécurisé et très contrôlé à votre calendrier.

Quand quelqu’un veut vous rencontrer, plusieurs scénarios sont possibles :

  1. Vous mettez simplement l’adresse email de l’agent Blockit en copie de votre email
  2. Vous mentionnez @blockit dans Slack ou dans un autre outil de messagerie intégré
  3. L’interlocuteur envoie directement un message à votre agent Blockit

À partir de là, les deux agents IA (le vôtre et celui de votre interlocuteur) entament une négociation autonome. Ils échangent des propositions, tiennent compte des préférences de chacun, des contraintes horaires, des priorités définies par les utilisateurs, et finissent par proposer un créneau validé que vous n’avez plus qu’à accepter (ou très rarement refuser).

Le système va même plus loin : il peut être entraîné à interpréter le contexte émotionnel ou hiérarchique d’un email. Un « Best regards » formel aura plus de poids qu’un « Cheers » décontracté si vous l’avez explicitement demandé dans vos préférences.

Des préférences ultra-granulaires pour un agenda qui vous ressemble

L’un des points forts de Blockit réside dans la richesse des instructions que vous pouvez donner à votre agent. Quelques exemples concrets :

  • « Ne jamais toucher mes créneaux du lundi matin 9h-11h (focus deep work) »
  • « Priorité maximale aux demandes provenant de l’équipe direction »
  • « OK pour décaler le déjeuner si nécessaire, mais jamais deux jours d’affilée »
  • « Préférer les créneaux en visio plutôt qu’en présentiel quand c’est possible »
  • « Si le demandeur écrit “urgent” ou “ASAP”, me proposer de libérer un créneau dans les 48h même si cela implique de déplacer un rendez-vous moins important »

Ces règles peuvent être modifiées à tout moment et deviennent de plus en plus précises au fur et à mesure que l’agent apprend vos habitudes et vos retours.

Un réseau social… pour nos emplois du temps

Kais Khimji décrit Blockit comme « un réseau social pour le temps ». Chaque utilisateur possède sa propre base de données temporelle (son calendrier). Blockit permet à ces bases de données de dialoguer directement, sans passer par l’humain comme intermédiaire permanent.

Cette vision rappelle les concepts de context graphs développés par les investisseurs de Foundation Capital : l’IA ne se contente plus d’exécuter des tâches, elle commence à capturer le « pourquoi » derrière chaque décision. Pourquoi tel créneau est-il plus précieux que tel autre ? Pourquoi telle réunion peut-elle être déplacée facilement alors qu’une autre est intouchable ?

« Il a toujours semblé très étrange que j’aie une base de données temps – mon calendrier – et que vous en ayez une aussi, sans qu’elles puissent communiquer entre elles. »

Kais Khimji, co-fondateur de Blockit

Qui utilise déjà Blockit en 2026 ?

Malgré son jeune âge, la solution a déjà séduit plus de 200 entreprises. Parmi elles :

  • Together.ai (IA)
  • Brex (fintech récemment acquise)
  • Rogo (robotique)
  • Plusieurs fonds majeurs : a16z, Accel, Index Ventures

Ces early adopters sont souvent des entreprises technologiques très rapides où le temps des fondateurs et des cadres est la ressource la plus rare.

Quel modèle économique pour Blockit ?

La startup a opté pour une tarification premium assumée :

OffrePrix annuelPublic cible
EssaiGratuit 30 joursTous
Individuel1 000 $Dirigeants, fondateurs, indépendants haut de gamme
Équipe5 000 $Petites équipes (support multi-utilisateurs inclus)

À première vue, ces prix peuvent sembler élevés. Mais quand on sait qu’un cadre dirigeant facture souvent plusieurs centaines de dollars par heure, gagner ne serait-ce que 5 à 10 heures par mois grâce à l’automatisation complète de la logistique des rendez-vous représente un retour sur investissement très rapide.

Les défis qui attendent Blockit

Malgré un démarrage prometteur, plusieurs obstacles se dressent sur la route :

  • Concurrence accrue : d’autres acteurs (Clockwise, Reclaim.ai, Motion…) investissent massivement dans l’IA agenda
  • Adoption : convaincre les utilisateurs de donner un accès aussi intime à leur calendrier reste psychologiquement difficile
  • Confidentialité : gérer des données ultra-sensibles avec le niveau de sécurité attendu en 2026
  • Interopérabilité : Google Calendar, Outlook, Apple Calendar… chaque système a ses spécificités
  • Complexité croissante : plus les règles deviennent fines, plus le risque d’erreur ou de mauvaise interprétation augmente

Kais Khimji et son co-fondateur John Han (ex-Google Calendar, Timeful, Clockwise) semblent cependant bien armés pour relever ces défis, notamment grâce à leur expérience combinée dans les produits calendriers et dans le monde de l’investissement.

Vers un futur où l’agenda devient conversationnel

Blockit n’est probablement que la première étape visible d’une transformation plus profonde : celle où nos outils de productivité deviennent de véritables agents autonomes qui comprennent nos priorités, nos rythmes biologiques, nos préférences cachées et même nos niveaux de stress du moment.

Demain, votre agenda ne se contentera plus de stocker des cases colorées. Il pensera, négociera, arbitrera et optimisera votre temps comme le ferait le meilleur assistant personnel du monde… sauf qu’il ne dormira jamais et ne demandera jamais d’augmentation.

Dans un monde où le temps est devenu la ressource la plus rare et la plus précieuse pour les entrepreneurs, les cadres et les créateurs, Blockit pourrait bien devenir l’un des outils les plus stratégiques de la décennie 2030.

Reste une question essentielle : êtes-vous prêt à laisser une IA négocier votre temps à votre place ? Pour de plus en plus de leaders technologiques, la réponse semble être un « oui » franc et massif.

À suivre de très près.

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Steven Soarez
Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.