Et si votre dressing virtuel pouvait non seulement vous aider à composer des tenues parfaites, mais aussi vous suivre partout, directement sur les sites des marques que vous adorez ? C’est exactement ce que propose aujourd’hui Alta, une application qui transforme radicalement notre rapport à la mode grâce à l’intelligence artificielle. Inspirée par la célèbre scène culte du film Clueless, où Cher Horowitz choisissait ses looks via un ordinateur magique, Alta va bien au-delà de la simple nostalgie cinématographique.
En février 2026, pendant la Fashion Week de New York, l’entreprise a franchi une étape décisive en s’associant à la marque iconique Public School. Pour la première fois, les clients peuvent essayer virtuellement les pièces d’une collection directement sur le site internet de la marque, grâce à leur avatar Alta personnalisé. Une petite révolution qui pourrait bien redéfinir l’expérience shopping en ligne.
Quand la mode rencontre l’intelligence artificielle
Alta n’est pas une application de plus dans le paysage déjà saturé des outils mode. Créée par Jenny Wang, elle ambitionne de devenir le couche d’identité personnelle de demain pour le shopping intelligent et agentique. L’idée est simple mais puissante : permettre à chaque personne d’avoir un double numérique fidèle qui connaît ses goûts, son morphotype, ses achats passés et ses pièces préférées.
Depuis son lancement en 2023, l’application a déjà généré plus de 100 millions de tenues. Des chiffres impressionnants qui montrent l’appétit grandissant des consommateurs pour des expériences immersives et personnalisées. Time et Vogue n’ont d’ailleurs pas hésité à classer Alta parmi les innovations les plus marquantes de l’année passée.
Le parcours fulgurant d’Alta
Jenny Wang n’a pas suivi le chemin classique des entrepreneurs tech. Passionnée de mode et fascinée par les possibilités offertes par l’IA, elle a su réunir autour d’elle un casting impressionnant d’investisseurs. En 2025, Alta a levé 11 millions de dollars dans un tour mené par Menlo Ventures, avec la participation de figures comme Jasmine Tookes, Karlie Kloss, l’Anthology Fund d’Anthropic ou encore Jenny Fleiss, cofondatrice de Rent the Runway.
Cette confiance accordée par des personnalités du monde de la mode et de la tech n’est pas anodine. Elle témoigne de la pertinence d’une vision qui dépasse le simple gadget pour s’inscrire dans une transformation profonde du secteur.
« Nous voulons devenir la couche d’identité personnelle pour le futur du shopping alimenté par l’IA. »
Jenny Wang, fondatrice d’Alta
Pour comprendre l’ambition d’Alta, il faut saisir un concept clé : l’agentic commerce. Il s’agit d’un commerce où l’intelligence artificielle ne se contente plus de recommander, mais anticipe, propose et accompagne réellement l’achat comme le ferait un styliste personnel ultra-réactif et infatigable.
Public School x Alta : une première mondiale
Public School, marque new-yorkaise fondée par Dao-Yi Chow et Maxwell Osborne, effectuait son grand retour sur les podiums après plusieurs années d’absence. Pour marquer ce come-back, les créateurs ont choisi de miser sur la technologie plutôt que sur des artifices classiques.
Sur la page produit du site Public School, un discret bouton « Style by Alta » apparaît désormais. En cliquant dessus, l’utilisateur est transporté dans l’environnement Alta où son avatar personnel peut enfiler en quelques secondes les pièces de la nouvelle collection. Une expérience fluide, rapide et surtout très personnelle.
- Essayage simultané de jusqu’à 8 pièces en quelques secondes
- Personnalisation poussée de l’avatar (morphologie, carnation, cheveux…)
- Continuité entre l’application Alta et le site de la marque
- Possibilité de sauvegarder les looks pour un achat ultérieur
Ce partenariat marque une première : l’intégration native d’un outil d’essayage virtuel avancé directement dans l’écosystème d’une marque de mode indépendante. Jusque-là, les expérimentations les plus poussées venaient surtout de géants comme Zara ou Balmain.
Pourquoi Alta se distingue des autres solutions
Le marché de l’essayage virtuel n’est pas nouveau. De nombreuses marques ont déjà tenté l’expérience, souvent avec des résultats mitigés. Les avatars génériques, les temps de chargement longs et le manque de fidélité visuelle ont souvent freiné l’adoption.
Alta change la donne sur plusieurs points cruciaux :
| Critère | Alta | Autres solutions (ex. Zara) |
| Nombre d’articles essayés simultanément | 8+ | 4 maximum |
| Temps moyen d’essayage | quelques secondes | ~2 minutes |
| Personnalisation de l’avatar | très poussée | limitée |
| Continuité multi-plateformes | oui (app + web marques) | non |
| Historique et dressing virtuel persistant | oui | non |
Cette supériorité technique, combinée à une approche centrée sur l’utilisateur final, commence à porter ses fruits. Alta ne se contente pas d’être un outil ; elle ambitionne de devenir une véritable infrastructure invisible mais essentielle du shopping de demain.
Les ambitions futures d’Alta
Le partenariat avec Public School n’est que le début. Jenny Wang l’affirme : l’objectif est d’intégrer la technologie Alta sur de nombreux sites e-commerce de mode, permettant aux utilisateurs de retrouver leur avatar et leur dressing virtuel quel que soit l’endroit où ils font leur shopping.
Imaginez la scène : vous naviguez sur le site d’une marque, vous cliquez sur « Style with my Alta avatar », votre double numérique apparaît instantanément avec vos mensurations exactes, votre couleur de peau, votre coupe de cheveux préférée… Vous essayez plusieurs pièces, vous mixez avec des vêtements déjà présents dans votre dressing virtuel Alta, vous sauvegardez le look, et vous finalisez l’achat sans jamais quitter le site de la marque.
Cette fluidité représente un saut qualitatif majeur par rapport à l’expérience actuelle, où l’utilisateur doit souvent basculer entre plusieurs applications ou onglets, perdant ainsi en fluidité et en plaisir.
« Nous devons regarder la tech comme un partenaire de business aujourd’hui. Ce n’est plus 2015. »
Dao-Yi Chow, cofondateur de Public School
Un positionnement stratégique au cœur des mutations du secteur
La mode traverse une période de bouleversements sans précédent. Entre la montée en puissance du e-commerce, la demande croissante de personnalisation, les préoccupations environnementales autour de la fast-fashion et l’arrivée massive de l’IA, les marques sont forcées de se réinventer.
Dans ce contexte, Alta apporte plusieurs réponses concrètes :
- Réduction des retours produits grâce à un essayage plus fiable
- Augmentation du temps passé sur le site (et donc des chances de conversion)
- Création d’une relation plus intime et personnalisée avec le client
- Possibilité de raconter une histoire de marque plus immersive
- Différenciation face à la concurrence
Pour les consommateurs, l’avantage est tout aussi clair : moins d’achats impulsifs regrettés, plus de plaisir dans la découverte des collections, et une expérience véritablement sur-mesure.
Les défis qui attendent encore Alta
Malgré ses atouts indéniables, le chemin reste semé d’embûches. La technologie d’essayage virtuel, même très avancée, doit encore progresser sur certains points : rendu des matières (surtout les plus complexes comme la maille, la soie ou le cuir), gestion des plissés et tombés, prise en compte des mouvements du corps en situation réelle.
Il y a également la question de l’adoption par les utilisateurs. Accepteront-ils de créer et d’entretenir un avatar numérique détaillé ? Partageront-ils leurs mensurations et préférences stylistiques avec une plateforme tierce ? La confiance et la protection des données seront déterminantes.
Enfin, le modèle économique devra trouver son équilibre entre la version grand public (l’app « Clueless ») et les solutions B2B proposées aux marques. Jenny Wang et son équipe semblent avoir conscience de ces enjeux et avancent avec méthode.
Vers un futur où l’IA redéfinit le style personnel
Ce qui se joue avec Alta dépasse largement le cadre d’une simple application de mode. Nous assistons peut-être aux prémices d’une nouvelle couche d’internet : une couche personnelle, visuelle et stylistique qui accompagnera chaque individu dans ses interactions avec le monde numérique.
Demain, votre avatar Alta pourrait non seulement vous aider à choisir vos vêtements, mais aussi décorer votre intérieur virtuel, tester des coiffures avant un rendez-vous chez le coiffeur, simuler votre apparence avec un maquillage particulier, ou même vous représenter dans des mondes virtuels et des réunions professionnelles en métavers.
Alta ne vend pas seulement de la technologie d’essayage ; elle construit patiemment l’infrastructure d’identité visuelle de demain. Et si le film Clueless nous semblait futuriste en 1995, force est de constater qu’en 2026, la réalité dépasse parfois la fiction.
Une chose est sûre : avec des partenariats comme celui conclu avec Public School, Alta est en train de passer du statut de startup prometteuse à celui d’acteur incontournable de la transformation digitale de la mode. Et cette aventure ne fait que commencer.