Imaginez un instant votre enfant de 7 ans poser cette question innocente mais vertigineuse : « Papa, comment sera Mars dans 50 ans ? ». Au lieu de sortir une encyclopédie ou de lancer une vidéo YouTube, il ouvre simplement une application sur sa tablette… et se retrouve propulsé au cœur d’une expédition virtuelle sur la planète rouge de 2076, avec des paysages générés en temps réel, des choix qui influencent l’histoire et même un petit robot compagnon qui répond à ses questions les plus farfelues. De la science-fiction ? Plus vraiment. C’est exactement ce que propose Sparkli, la nouvelle application qui fait vibrer le monde de l’edtech en 2026.

Derrière ce projet ambitieux se cachent trois anciens de Google, des parents frustrés par les réponses trop plates données à leurs enfants curieux. Leur constat est simple et percutant : les enfants veulent vivre les connaissances, pas les lire. Et c’est précisément ce vide que Sparkli compte combler grâce à l’intelligence artificielle générative.

Sparkli : quand d’anciens Googlers repensent l’éducation des enfants

L’histoire commence comme beaucoup d’autres startups prometteuses : un problème personnel qui devient une obsession collective. Lax Poojary et Myn Kang, parents et anciens fondateurs de projets chez Google (notamment Shoploop et Touring Bird), se sont retrouvés confrontés au même mur que des millions de familles : comment nourrir la curiosité débordante d’un enfant de 6 ans sans le noyer sous un mur de texte ou une vidéo passive ?

Ils ont alors testé les assistants IA du moment. Gemini, ChatGPT… les réponses étaient pertinentes, mais terriblement statiques. « On sentait que ça ne suffisait pas », confie Lax Poojary. C’est là qu’est née l’idée de Sparkli : transformer chaque question en une véritable expédition interactive, un mélange d’aventure narrative, de multimédia généré à la volée et de pédagogie réfléchie.

Une équipe qui allie tech de pointe et expertise pédagogique

Pour ne pas tomber dans le piège du « tout-IA sans âme », les fondateurs ont fait un choix stratégique dès les premiers mois : recruter une docteure en sciences de l’éducation et intelligence artificielle ainsi qu’une enseignante expérimentée. Ces deux profils ont permis d’ancrer l’application dans de vrais principes pédagogiques plutôt que dans la seule prouesse technologique.

« Nous ne voulions pas créer un énième chatbot. Nous voulions construire un compagnon d’apprentissage qui respecte la façon dont les enfants de 5 à 12 ans construisent réellement leurs connaissances. »

Lax Poojary, co-fondateur de Sparkli

Ce mélange rare entre compétences techniques pointues (les trois fondateurs ont un passé chez Google et YouTube) et savoir-faire pédagogique donne à Sparkli une crédibilité que beaucoup de projets edtech peinent à atteindre.

Comment fonctionne réellement Sparkli au quotidien ?

L’application propose deux modes principaux :

  • Des expéditions prédéfinies classées par grandes thématiques (sciences, arts, compétences de vie, entrepreneuriat…)
  • Un mode libre où l’enfant pose n’importe quelle question et voit naître une aventure sur mesure en moins de deux minutes.

Chaque expédition est constituée de plusieurs chapitres qui alternent :

  • narration audio immersive (voix générée par IA)
  • images et courtes vidéos créées dynamiquement
  • mini-jeux et quiz sans pression de notation
  • choix narratifs qui font évoluer l’histoire
  • moments de réflexion guidée

Le tout est pensé pour ressembler à un mélange entre un livre dont vous êtes le héros, un jeu vidéo narratif et une leçon particulièrement bien faite. L’objectif affiché : que l’enfant ait autant envie d’ouvrir Sparkli que son jeu vidéo préféré.

Des sujets qui sortent vraiment des sentiers battus

Si les applications éducatives classiques se contentent souvent des programmes scolaires officiels, Sparkli fait le pari de sujets plus modernes et plus concrets pour la vie future :

  • Comprendre l’entrepreneuriat dès 8 ans
  • Apprendre les bases de la littératie financière de manière ludique
  • Découvrir le design thinking
  • Explorer les métiers de demain
  • Aborder l’intelligence émotionnelle
  • Comprendre les grands enjeux climatiques sans catastrophisme

Ces thématiques, souvent absentes ou très peu développées à l’école primaire et au collège, constituent l’un des principaux arguments de différenciation de l’application.

Sécurité et éthique : un sujet pris très au sérieux

À l’heure où plusieurs géants de l’IA font face à des procès pour des interactions jugées dangereuses avec des mineurs, Sparkli affiche une politique très stricte :

  • Interdiction totale des contenus à caractère sexuel
  • Routage systématique vers les parents ou un adulte de confiance dès qu’un sujet sensible (automutilation, idées suicidaires…) est détecté
  • Focus sur l’intelligence émotionnelle plutôt que sur une réponse froide
  • Modération renforcée et supervision humaine sur les contenus générés

« Nous préférons perdre un utilisateur que de prendre le moindre risque avec la santé mentale d’un enfant. »

Lucie Marchand, CTO de Sparkli

Cette posture responsable a pesé lourd dans les premiers partenariats scolaires obtenus par la jeune pousse.

Des pilotes très concluants dans les écoles

En 2025, Sparkli a testé son application dans plus de vingt établissements scolaires. Les retours ont été largement positifs :

  • Utilisation en démarrage de cours pour lancer la curiosité
  • Création d’expéditions personnalisées par les enseignants
  • Devoirs à la maison sous forme d’exploration libre
  • Suivi du progrès via un tableau de bord enseignant

Le produit est actuellement en phase pilote avancée avec un réseau de plus de 100 000 élèves. Preuve que le concept séduit aussi bien les enfants que les équipes pédagogiques.

Un modèle économique hybride ambitieux

Pour l’instant, Sparkli se concentre sur les partenariats B2B avec les écoles et les réseaux éducatifs. L’application devrait toutefois s’ouvrir au grand public (via les parents) dès le milieu de l’année 2026.

Le modèle visé mélange abonnement scolaire, licence par élève et offre familiale premium. L’objectif reste clair : rester accessible tout en finançant le développement technologique très coûteux (génération multimodale en temps réel).

5 millions de dollars pour accélérer

En janvier 2026, Sparkli annonce avoir bouclé un tour de pré-amorçage de 5 millions de dollars mené par Founderful, fonds suisse qui signe ici son premier investissement pur edtech. Lukas Weder, père de famille et partner du fonds, explique son choix :

« En tant que parent, je vois mes enfants apprendre des choses intéressantes à l’école, mais jamais la littératie financière ou l’innovation technologique. Sparkli les éloigne des jeux vidéo addictifs pour les emmener dans un univers immersif et éducatif. »

Lukas Weder, Founderful

Cet argent doit permettre d’accélérer la réduction du temps de génération (objectif : moins de 60 secondes), d’enrichir le catalogue d’expéditions et de renforcer l’équipe pédagogique.

Les défis qui attendent Sparkli en 2026-2027

Malgré un démarrage prometteur, plusieurs défis de taille se dressent devant l’équipe :

  • Concurrence croissante des géants (Google, OpenAI, Khan Academy qui intègrent tous l’IA générative)
  • Coût très élevé de l’inférence multimodale à grande échelle
  • Nécessité de rester extrêmement vigilant sur la sécurité et la protection des données des mineurs
  • Équilibre délicat entre gamification et apprentissage profond
  • Adaptation aux différents systèmes éducatifs internationaux

Chaque point représente à la fois un risque et une opportunité majeure pour se différencier durablement.

Pourquoi Sparkli pourrait changer la donne dans l’edtech

Dans un monde où l’attention des enfants est devenue la ressource la plus disputée (jeux vidéo, réseaux sociaux, streaming), proposer une alternative à la fois divertissante, sécurisée et réellement éducative est un pari audacieux… mais potentiellement révolutionnaire.

Si Sparkli parvient à tenir ses promesses techniques tout en restant fidèle à sa boussole pédagogique, elle pourrait devenir bien plus qu’une application : un nouveau standard dans la manière dont on accompagne la curiosité naturelle des 5-12 ans.

En attendant l’ouverture au grand public mi-2026, une chose est sûre : l’équipe de Sparkli ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Et les enfants du monde entier pourraient bien être les premiers grands gagnants de cette nouvelle vague edtech.

À suivre de très près.

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Steven Soarez
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