Imaginez un monde où la création d’un nouveau médicament, qui prend aujourd’hui souvent plus de dix ans et coûte des milliards, pourrait être accélérée de manière spectaculaire grâce à l’intelligence artificielle. Ce n’est plus de la science-fiction : c’est précisément ce que promet Converge Bio, une startup qui vient de frapper un grand coup en levant 25 millions de dollars. Dans un secteur ultra-compétitif où plus de 200 entreprises se disputent le leadership de l’IA appliquée à la biotech, cette jeune pousse basée à Boston et Tel Aviv sort clairement du lot.

Pourquoi tant d’enthousiasme autour de cette levée de fonds ? Parce que l’industrie pharmaceutique est en pleine mutation. Les coûts explosent, les taux d’échec restent élevés, et les grandes firmes cherchent désespérément des outils pour raccourcir les délais sans compromettre la sécurité. Converge Bio arrive avec une proposition claire : des systèmes d’IA générative spécialisés, prêts à l’emploi, qui s’intègrent directement dans les flux de travail des laboratoires.

Converge Bio : l’IA au service d’une nouvelle ère en biotechnologie

Fondée il y a à peine deux ans, Converge Bio a déjà parcouru un chemin impressionnant. Après un seed de 5,5 millions en 2024, la société passe à la vitesse supérieure avec cette Série A sursouscrite. Les investisseurs ne se sont pas trompés : Bessemer Venture Partners mène la danse, accompagné de TLV Partners, Saras Capital, Vintage Investment Partners, et même d’exécutifs anonymes issus de géants comme Meta, OpenAI et Wiz. Un casting qui en dit long sur le potentiel perçu.

Le cœur de l’offre ? Des modèles génératifs entraînés spécifiquement sur les « langues » biologiques : ADN, ARN, séquences protéiques. Contrairement à certains acteurs qui tentent d’appliquer directement des grands modèles de langage textuels à la biologie, Converge Bio mise sur une approche plus ciblée et scientifique. Résultat : des outils qui ne se contentent pas de générer des idées, mais qui les valident et les optimisent en profondeur.

Une plateforme qui couvre tout le cycle de développement

Le PDG et cofondateur Dov Gertz l’explique sans détour : l’entreprise ne se limite pas à un seul stade du processus. Elle ambitionne de devenir le « laboratoire génératif » incontournable pour toute organisation en sciences de la vie. De l’identification de cibles jusqu’à l’optimisation en fabrication, chaque étape peut désormais bénéficier d’un coup de pouce IA.

« Notre vision est que chaque organisation en sciences de la vie utilise Converge Bio comme son laboratoire d’IA générative. Les laboratoires humides existeront toujours, mais ils seront couplés à des laboratoires génératifs qui produisent des hypothèses et des molécules en computationnel. »

Dov Gertz, CEO et cofondateur de Converge Bio

Concrètement, la plateforme propose déjà trois systèmes phares, tous intégrés et prêts à l’emploi :

  • Un système dédié à la conception d’anticorps : génération de candidats novateurs, filtrage par propriétés moléculaires, puis simulation physique des interactions 3D avec la cible.
  • Un outil d’optimisation du rendement protéique : capable d’augmenter drastiquement la production en une seule itération computationnelle.
  • Une solution pour la découverte de biomarqueurs et de cibles thérapeutiques.

Ces systèmes ne sont pas de simples modèles isolés. Ils fonctionnent en synergie, combinant génération, prédiction et validation physique. C’est cette intégration qui fait la différence : les clients n’ont plus à bricoler des briques IA disparates ; ils pluggent directement un workflow abouti.

Des résultats concrets qui parlent d’eux-mêmes

En à peine dix-huit mois depuis la levée seed, Converge Bio a déjà bouclé plus de 40 programmes avec une douzaine de clients pharma et biotech. Des partenariats qui s’étendent aux États-Unis, au Canada, en Europe, en Israël et désormais en Asie. La croissance est fulgurante : l’équipe est passée de 9 à 34 personnes en un an et demi.

Parmi les cas d’usage publiés, on retient notamment :

  • Un partenaire a multiplié par 4 à 4,5 le rendement d’une protéine en une unique itération computationnelle.
  • Des anticorps générés affichant une affinité de liaison exceptionnelle, dans la gamme nanomolaire simple.

Ces performances ne sont pas anodines. Dans un domaine où chaque gain de temps ou d’efficacité se chiffre en millions, voire en vies sauvées, ces avancées comptent énormément.

Pourquoi l’IA générative change vraiment la donne en drug discovery

L’industrie pharmaceutique traîne un lourd fardeau : sur dix mille composés testés en préclinique, un seul environ atteint le marché. Les délais s’allongent, les budgets gonflent, et la pression réglementaire s’intensifie. L’arrivée massive de l’IA, symbolisée par le Nobel de Chimie décerné en 2024 aux créateurs d’AlphaFold, a ouvert une brèche.

Converge Bio s’inscrit dans cette vague, mais avec une nuance importante. Plutôt que de parier tout sur des LLMs textuels, l’entreprise entraîne ses modèles sur les données biologiques brutes. Elle combine génération, prédiction et physique pour limiter les « hallucinations » moléculaires – ces inventions plausibles mais inutiles ou dangereuses qui coûtent cher à valider expérimentalement.

« Dans le texte, une hallucination est souvent facile à repérer. Dans les molécules, valider un composé nouveau peut prendre des semaines, donc le coût est bien plus élevé. »

Dov Gertz

Pour contrer ce risque, Converge Bio couple systématiquement ses modèles génératifs à des filtres prédictifs. Le résultat : moins de faux positifs, plus de candidats viables dès les premières itérations. Une approche pragmatique qui séduit les grands acteurs pharma habitués à la rigueur scientifique.

Un positionnement unique face à la concurrence

Le marché de l’IA en drug discovery est surpeuplé. Des géants comme Insilico Medicine, Exscientia ou Recursion Pharmaceuticals occupent le terrain depuis plusieurs années. D’autres, plus récents, surfent sur la vague des fondations models biologiques. Pourtant, Converge Bio se distingue par plusieurs atouts :

  • Une focalisation sur des systèmes intégrés plutôt que sur des modèles uniques.
  • Une architecture flexible : diffusion models, ML classique, statistique… l’outil le plus adapté est choisi, sans dogmatisme.
  • Une expansion rapide : déjà des clients sur quatre continents et une équipe multidisciplinaire (bioinformaticiens, chimistes, experts ML).
  • Un soutien financier et stratégique de premier plan, y compris d’acteurs tech non-biotech.

Cette combinaison donne à Converge Bio une crédibilité immédiate. Les investisseurs de Meta, OpenAI et Wiz ne misent pas seulement sur la technologie ; ils parient sur une vision où l’IA devient infrastructure standard en R&D pharma.

Les défis à relever pour s’imposer durablement

Malgré ces atouts, le chemin reste semé d’embûches. Valider des candidats IA en clinique prend encore des années. La reproductibilité des résultats computationnels pose question. Et la concurrence s’intensifie : Eli Lilly et Nvidia construisent des superordinateurs dédiés, DeepMind continue d’innover avec AlphaFold 3…

Converge Bio devra donc prouver que ses systèmes produisent non seulement des molécules prometteuses in silico, mais aussi des candidats qui passent avec succès les phases précliniques et cliniques. C’est le Graal : transformer la vitesse computationnelle en impact réel pour les patients.

Le PDG reste confiant. Selon lui, le scepticisme d’il y a deux ans a laissé place à un enthousiasme généralisé, porté par les preuves accumulées dans l’industrie et en académie. L’heure n’est plus au doute, mais à l’exécution.

Vers un futur où l’IA est le partenaire quotidien des chercheurs

À long terme, Converge Bio rêve grand : devenir la référence pour toute la chaîne de valeur des sciences de la vie. Imaginez un chercheur qui, à chaque étape – de la cible à la scale-up manufacturing – dispose d’un assistant IA dédié, capable de générer, simuler et optimiser en temps réel.

Cette vision n’est pas utopique. Elle s’appuie sur une tendance lourde : la biologie devient de plus en plus une science de l’information. Les séquences biologiques sont des données comme les autres, et l’IA excelle à les manipuler. Converge Bio veut être le pont entre ces deux mondes.

Avec cette levée de 25 millions, l’entreprise dispose des moyens pour accélérer ses développements, embaucher les meilleurs talents et multiplier les partenariats. Les prochains mois seront décisifs : de nouveaux cas clients, de nouvelles publications, et peut-être les premiers candidats issus de la plateforme qui entreront en préclinique.

Conclusion : une startup à suivre de très près

Converge Bio n’est pas seulement une nouvelle entrée dans le paysage surchauffé de l’IA biotech. C’est une illustration parfaite de la convergence entre tech de pointe et besoins criants de l’industrie pharmaceutique. En combinant rigueur scientifique, intégration système et traction commerciale rapide, elle se positionne comme un acteur sérieux pour les années à venir.

Si vous vous intéressez aux startups qui pourraient vraiment transformer notre façon de soigner les maladies, gardez un œil sur Converge Bio. Cette levée de fonds n’est que le début d’une belle histoire. Et dans un secteur où chaque avancée compte, celle-ci pourrait bien marquer un tournant.

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Steven Soarez
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