Imaginez que vous ouvrez Instagram ou Facebook et qu’un assistant intelligent, qui vous connaît mieux que votre meilleur ami, vous propose instantanément la paire de sneakers parfaite, celle que vous allez adorer, au meilleur prix, directement issue d’une petite marque éthique que vous n’auriez jamais découverte seul. Cette scène, qui ressemble encore à de la science-fiction pour beaucoup, pourrait devenir réalité dès 2026 selon les récentes déclarations de Mark Zuckerberg lui-même.

Le patron de Meta a lâché une véritable bombe lors de la dernière conférence avec les investisseurs : l’année 2026 sera celle du grand déploiement public des nouvelles IA de Meta, avec un focus très marqué sur ce que l’on appelle désormais l’agentic commerce. Derrière ce terme un peu barbare se cache une promesse simple mais puissante : des agents IA autonomes capables de faire vos achats à votre place, ou du moins de les rendre incroyablement fluides et pertinents.

2026 : l’année où Meta passe à la vitesse supérieure en intelligence artificielle

Après une année 2025 consacrée à reconstruire de fond en comble les bases de son infrastructure IA, Meta s’apprête à passer à l’offensive commerciale. Zuckerberg l’a martelé : les premiers modèles et produits concrets arriveront « dans les prochains mois » et le rythme s’accélérera tout au long de l’année 2026.

Ce n’est pas une simple mise à jour d’algorithme de recommandation. On parle ici d’agents autonomes, capables de comprendre le contexte personnel ultra-détaillé de chaque utilisateur : vos publications, vos likes, vos messages privés, vos stories, vos interactions avec vos amis, vos recherches passées… tout cela combiné pour créer une expérience d’achat radicalement différente.

« Nous commençons à voir la promesse d’une IA qui comprend vraiment notre contexte personnel, incluant notre historique, nos intérêts, notre contenu et nos relations. »

Mark Zuckerberg – Janvier 2026

Cette citation résume parfaitement l’avantage compétitif que Meta pense détenir face à Google, OpenAI, Anthropic ou encore Amazon : l’accès privilégié à des milliards de points de données ultra-personnelles générées quotidiennement par ses 3,5 milliards d’utilisateurs actifs.

Qu’est-ce que l’agentic commerce exactement ?

Le terme « agentic » vient de l’anglais « agent », et désigne des IA capables d’agir de manière autonome pour atteindre un objectif fixé par l’utilisateur. Dans le commerce, cela signifie qu’au lieu de simplement vous montrer des publicités ou des suggestions passives, l’IA peut :

  • Comprendre une demande complexe (« Je cherche une robe pour un mariage en extérieur en septembre, budget max 180 €, plutôt bohème mais chic, taille 38, éco-responsable »)
  • Comparer des centaines de produits en temps réel
  • Vérifier les disponibilités, les délais de livraison
  • Prendre en compte vos préférences passées et celles de vos proches
  • Négocier potentiellement le prix ou trouver des codes promo
  • Finaliser l’achat si vous lui donnez votre accord

C’est un changement de paradigme complet par rapport aux carrousels de produits actuels ou même aux chatbots basiques que l’on trouve déjà sur certaines boutiques en ligne.

Pourquoi Meta pense pouvoir dominer ce marché

Si Google domine la recherche et Amazon le passage à l’achat, Meta possède quelque chose d’unique : le graph social le plus riche de la planète. Vos relations, vos goûts révélés indirectement via vos interactions, vos événements à venir mentionnés en stories… tous ces signaux sont extrêmement précieux pour personnaliser une expérience shopping.

Exemple concret : vous likez récemment plusieurs publications d’amis partis en randonnée dans les Alpes. L’agent IA Meta pourrait en déduire que vous envisagez peut-être de vous équiper et vous proposer des vestes imperméables, des chaussures de trail ou même un sac à dos, sans que vous ayez tapé le moindre mot-clé.

Cette compréhension contextuelle profonde est ce que Zuckerberg appelle la « superintelligence personnelle ». Un terme ambitieux, mais qui reflète bien l’objectif affiché : dépasser les assistants génériques pour proposer une IA qui vous ressemble vraiment.

Un investissement colossal pour soutenir l’ambition

Pour y parvenir, Meta n’hésite pas à frapper très fort sur le plan financier. Le groupe prévoit entre 115 et 135 milliards de dollars de dépenses en capital pour 2026, contre 72 milliards en 2025. Cela représente une hausse spectaculaire de près de 90 % en un an.

AnnéeDépenses Capex (en milliards $)Évolution
202572
2026115 – 135+60% à +87%

Ces sommes astronomiques servent principalement à construire les data centers, les clusters de GPU et toute l’infrastructure nécessaire pour entraîner et déployer des modèles toujours plus puissants. Meta mise clairement sur le fait que la taille et la qualité des modèles, combinées à ses données uniques, lui permettront de prendre une avance décisive.

L’acquisition stratégique de Manus

Fin 2025, Meta a racheté Manus, une startup spécialisée dans les agents généralistes autonomes. Loin d’être un simple coup de com’, cette acquisition montre que Meta cherche activement des technologies matures à intégrer rapidement dans ses produits.

Manus continuera d’exister en standalone, mais ses technologies les plus prometteuses seront progressivement injectées dans WhatsApp, Instagram, Facebook Marketplace et potentiellement même dans les futures lunettes connectées Ray-Ban Meta.

Les concurrents ne restent pas les bras croisés

Meta n’est évidemment pas seul sur ce terrain. Google a déjà déployé des agents transactionnels, OpenAI travaille avec Stripe pour permettre des paiements directement dans ChatGPT, Amazon peaufine Rufus, son assistant shopping, et même des acteurs comme Perplexity ou Anthropic explorent ces usages.

  1. Google → recherche + shopping intégré
  2. Amazon → données d’achat + logistique
  3. OpenAI → puissance brute des modèles
  4. Meta → contexte social et personnel inégalé

Chacun arrive avec ses armes. La bataille s’annonce féroce et passionnante.

Quels impacts pour les marques et les consommateurs ?

Pour les consommateurs, l’agentic commerce pourrait signifier la fin des heures passées à comparer des dizaines de sites. Un seul interlocuteur intelligent suffira. Attention toutefois aux dérives possibles : bulles de filtres renforcées, surconsommation facilitée, dépendance accrue aux algorithmes.

Côté marques, celles présentes dans le catalogue Meta (Marketplace, Instagram Shopping, WhatsApp Business) pourraient gagner énormément en visibilité… à condition d’être bien référencées par ces nouveaux agents. Les petites entreprises agiles et authentiques pourraient même en profiter pour concurrencer les géants, si l’IA valorise réellement la qualité et l’éthique plutôt que le volume publicitaire.

Vers une nouvelle ère du commerce social ?

Meta a toujours voulu fusionner le social et le commerce. Après les échecs relatifs des boutiques intégrées et du bouton « Acheter », l’agentic commerce pourrait être la bonne approche au bon moment. Grâce aux progrès fulgurants de l’IA, ce qui semblait gadget il y a trois ans devient soudainement réaliste.

2026 pourrait donc marquer un tournant majeur : celui où l’achat en ligne cesse d’être une corvée solitaire pour devenir une expérience presque conversationnelle, guidée par une intelligence qui nous connaît intimement.

Reste une question essentielle : sommes-nous vraiment prêts à confier nos données les plus personnelles à un agent qui fait nos courses ? Zuckerberg semble convaincu que oui. L’avenir nous dira s’il a raison.

Une chose est sûre : l’année 2026 s’annonce comme l’une des plus passionnantes de l’histoire récente de la tech grand public. Entre agents IA, investissements massifs et ambitions démesurées, Meta compte bien redéfinir notre rapport au commerce en ligne. À suivre de très près.

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Steven Soarez
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