Imaginez une entreprise qui, en l’espace de trois petits mois, voit sa valeur quasiment doubler. Pas une licorne parmi d’autres, non : une société qui pèse déjà des centaines de milliards et qui continue de grimper à une vitesse folle. C’est exactement ce qui est en train de se passer avec Anthropic, la maison derrière l’intelligence artificielle Claude, aujourd’hui au cœur d’une des plus grosses levées de fonds de l’histoire de la tech.
En ce début d’année 2026, les rumeurs bruissent et les confirmations tombent : Anthropic préparerait une nouvelle méga-levée de 10 milliards de dollars à une valorisation post-money de 350 milliards de dollars. Oui, vous avez bien lu. En à peine quelques trimestres, la startup cofondée par d’anciens cadres d’OpenAI est devenue l’un des acteurs les plus chers et les plus courtisés de l’intelligence artificielle mondiale.
Quand l’intelligence artificielle réécrit les règles de la valorisation
Pour bien comprendre l’ampleur du phénomène, il faut remonter un peu dans le temps – mais pas trop loin. Il y a seulement neuf mois, en mars 2025, Anthropic bouclait un tour de table à 61,5 milliards de dollars. Puis, en octobre 2025, rebelote : 13 milliards levés à 183 milliards de valorisation. Et maintenant ? 350 milliards. La courbe est exponentielle, presque irréelle.
Mais pourquoi une telle frénésie autour d’Anthropic alors que le marché de l’IA semble déjà saturé de géants ? La réponse tient en trois lettres : Claude. Et plus précisément en une version qui fait trembler les développeurs du monde entier : Claude Opus 4.5.
Claude Opus 4.5 : l’arme secrète qui séduit les codeurs
Depuis plusieurs mois, les retours des développeurs sont unanimes : Claude Code, l’outil de génération et d’automatisation de code propulsé par Opus 4.5, surclasse largement la concurrence sur de nombreux benchmarks internes. Là où certains modèles se contentent de produire du code fonctionnel, Claude va plus loin : il comprend le contexte projet, propose des refactorings intelligents, détecte les failles de sécurité potentielles et anticipe même les évolutions futures du code.
Conséquence directe : les entreprises tech les plus exigeantes (fintechs, scale-ups SaaS, licornes européennes) basculent progressivement leurs workflows internes vers Claude. Et quand les développeurs adorent un outil, ils le défendent bec et ongles. C’est exactement ce qui est en train de se produire.
« Claude Opus 4.5 n’est pas juste meilleur en code, il est devenu le copilote que les ingénieurs n’osaient même plus espérer il y a deux ans. »
Un lead dev d’une licorne française (anonyme)
Cette adoption massive chez les développeurs crée un cercle vertueux : plus d’utilisateurs → plus de données d’amélioration → meilleur modèle → encore plus d’utilisateurs. Anthropic surfe sur cette dynamique avec une maîtrise impressionnante.
Les investisseurs qui parient gros sur l’avenir
Selon les informations révélées par le Wall Street Journal et confirmées en interne, ce nouveau tour serait mené par deux mastodontes : Coatue Management et GIC, le fonds souverain singapourien. Deux profils très différents, mais qui partagent une conviction commune : l’IA de prochaine génération sera dominée par quelques acteurs seulement, et Anthropic fait clairement partie du podium.
- Coatue : connu pour ses paris très agressifs sur les leaders technologiques (depuis longtemps investisseur dans Meta, ByteDance, etc.)
- GIC : l’un des fonds souverains les plus puissants au monde, avec une stratégie de long terme et une aversion très faible au risque sur les leaders incontestés
Le ticket moyen de cette levée serait colossal, et plusieurs sources murmurent que le montant final pourrait même dépasser les 10 milliards si la demande reste aussi forte que prévu. La fenêtre de tir serait très courte : l’opération devrait se boucler dans les prochaines semaines.
Un deal circulaire déjà mythique avec Nvidia et Microsoft
Il serait impossible de parler de cette levée sans évoquer l’accord industriel majeur signé récemment avec Nvidia et Microsoft. Les deux géants se sont engagés à injecter conjointement 15 milliards de dollars dans Anthropic… mais avec une particularité qui rend l’opération presque circulaire.
Anthropic s’engage en effet à dépenser 30 milliards de dollars en capacité de calcul sur Azure (Microsoft), et ces serveurs seront majoritairement équipés de puces Nvidia. En clair : l’argent revient en grande partie chez les investisseurs eux-mêmes via la consommation de cloud et de GPU. Une mécanique qui sécurise l’écosystème tout en permettant à Anthropic de conserver une indépendance stratégique enviable.
| Partenaire | Montant investi | Contrepartie principale |
| Microsoft + Nvidia | 15 milliards $ | 30 milliards $ de compute Azure/Nvidia |
| Coatue + GIC (en cours) | 10 milliards $+ | Valorisation 350 milliards $ |
Cette structure montre à quel point les lignes entre investissement financier et partenariat stratégique sont aujourd’hui floues dans l’IA.
Vers une IPO Anthropic en 2026 ?
Le marché spéculait déjà depuis plusieurs mois sur une introduction en bourse d’Anthropic. Avec une valorisation qui approche désormais les 350 milliards, l’hypothèse devient de plus en plus crédible. D’autant que son principal concurrent, OpenAI, serait lui aussi en discussions pour lever jusqu’à 100 milliards à une valorisation approchant les 830 milliards.
Les deux entreprises se livrent donc une course effrénée, non seulement sur la performance des modèles, mais aussi sur leur capacité à convaincre Wall Street qu’elles peuvent transformer l’IA générative en machine à cash durable. Anthropic mise clairement sur une approche plus « responsable » et alignée, tandis qu’OpenAI joue la carte de la vitesse et de l’écosystème le plus large possible.
« Dans cette guerre de l’IA, la valorisation n’est plus seulement une question d’argent : c’est une arme psychologique et stratégique. »
Un partner d’un fonds VC américain spécialisé IA
Quelles leçons pour les entrepreneurs et investisseurs français ?
Si vous êtes entrepreneur ou investisseur en France, cette actualité peut sembler très (trop) lointaine. Pourtant, plusieurs enseignements sont directement transposables :
- La course à la taille critique en IA est déjà lancée. Les petits acteurs indépendants risquent d’être marginalisés très rapidement.
- Les accords « compute contre equity » deviennent la norme. Pouvoir sécuriser des dizaines de milliers de GPU est aujourd’hui plus stratégique que lever 50 M€ en cash.
- La différenciation par l’alignement et la sécurité (le créneau historique d’Anthropic) reste un argument fort auprès des grands comptes et des régulateurs.
- Les valorisations délirantes attirent les meilleurs talents… mais créent aussi une pression énorme sur les équipes pour délivrer toujours plus vite.
Pour les startups françaises qui travaillent sur l’IA verticale (legaltech, santé, énergie…), la barre est placée très haut. Mais elle montre aussi qu’un positionnement clair et une exécution irréprochable peuvent encore faire la différence face aux géants.
Vers une bulle ou vers une nouvelle révolution industrielle ?
La question que tout le monde se pose : sommes-nous face à une bulle spéculative historique ou au début d’une transformation économique comparable à l’arrivée d’Internet ?
Les arguments pour la bulle existent : valorisations stratosphériques, absence de profitabilité massive chez la plupart des pure players, dépendance extrême aux hyperscalers. Mais les contre-arguments sont tout aussi puissants : adoption réelle en entreprise, gains de productivité mesurables, disruption en cascade de secteurs entiers (code, droit, design, recherche scientifique…).
Anthropic, avec sa trajectoire fulgurante, incarne parfaitement ce débat. Elle est à la fois le symbole de l’euphorie actuelle et la preuve que certains modèles économiques et technologiques peuvent justifier des multiples que personne n’aurait osé imaginer il y a cinq ans.
Conclusion : l’IA n’attend pas
Pendant que certains analystes continuent de parler de correction imminente, Anthropic, elle, lève des milliards supplémentaires et continue de distancer une grande partie de la concurrence sur les usages réels. À 350 milliards de dollars de valorisation, elle n’est déjà plus une startup : elle est devenue un pilier stratégique de l’économie mondiale de demain.
Reste à savoir si 2026 sera l’année de l’introduction en bourse, ou simplement celle d’une nouvelle étape dans cette ascension météorique. Une chose est sûre : dans le monde de l’intelligence artificielle, ceux qui hésitent sont déjà en train de perdre.
Et vous, pensez-vous que ces valorisations sont justifiées ou complètement déconnectées de la réalité ?