Imaginez-vous déambulant dans les allées surpeuplées du CES, ce gigantesque salon où la technologie semble repousser chaque année les limites de l’imagination. Et soudain, au détour d’un stand, un robot humanoïde tente maladroitement de renvoyer une balle de ping-pong pendant qu’à quelques mètres, un autre se prend pour Mike Tyson… mais sans jamais toucher son adversaire. Bienvenue au CES 2026, où les robots les plus étranges côtoient les annonces les plus sérieuses.
Cette année encore, le Consumer Electronics Show a transformé une partie de ses halls en véritable terrain de jeu pour les entreprises de robotique. Entre démonstrations impressionnantes et moments franchement comiques, j’ai passé des heures à observer ces machines qui, pour certaines, flirtent déjà avec notre quotidien. Voici les rencontres les plus marquantes.
Quand les robots volent la vedette au CES
Le CES n’est plus seulement le salon des téléviseurs géants et des smartphones. Depuis plusieurs années, la robotique y occupe une place croissante. Les visiteurs ne viennent plus uniquement pour voir les dernières innovations électroniques grand public, mais aussi pour assister, parfois bouche bée, à des démonstrations de machines qui semblent tout droit sorties d’un film de science-fiction… ou d’une comédie.
Le joueur de ping-pong qui ne gagne jamais
Parmi les stands les plus fréquentés, celui de la société chinoise Sharpa attirait tous les regards. Au centre : un robot humanoïde grandeur nature affrontant un employé de l’entreprise dans une partie de tennis de table. Le score ? 5-9 pour l’humain lorsque je suis passé. La partie n’était clairement pas un chef-d’œuvre de vitesse, mais le simple fait de voir une machine manier une raquette avec une certaine fluidité restait impressionnant.
Selon le représentant sur place, l’objectif n’était pas tant de battre des champions du monde que de mettre en avant la dextérité de leur produit phare : une main robotique ultra-précise. Le corps entier n’était qu’un support de démonstration spectaculaire. Et force est de constater que le pari marketing a fonctionné : difficile de passer devant sans s’arrêter.
« On ne vise pas encore les compétitions internationales… mais certains humains jouent presque aussi mal que notre robot ! »
Un représentant de Sharpa au CES 2026
Les boxeurs maladroits qui font rire la foule
Juste à côté, un autre stand chinois, EngineAI, avait carrément installé un ring de boxe miniature. Deux humanoïdes baptisés T800 (oui, comme dans Terminator) se livraient à un étrange ballet de shadowboxing. Pas le moindre contact, pas le moindre coup porté. Juste des mouvements amples, parfois un peu désynchronisés.
Le clou du spectacle ? L’un des robots a décidé de quitter le ring pour partir tranquillement se balader parmi les spectateurs, provoquant rires et cris surpris. Quelques minutes plus tard, un autre s’est littéralement pris les pieds dans le tapis et s’est écroulé face contre terre. Il est resté immobile un long moment avant de se relever dignement. Du grand n’importe quoi… et du grand spectacle.
Derrière cette mise en scène un peu clownesque se cache pourtant une vraie ambition : montrer que les humanoïdes peuvent désormais évoluer dans des environnements dynamiques et imprévisibles. Même si, pour l’instant, ils semblent encore plus proches de Charlot que de Rocky.
La fièvre de la danse made in Unitree
Les robots qui dansent, c’est presque une tradition au CES. Cette année, c’est Unitree qui a repris le flambeau avec son modèle G1. Chorégraphies synchronisées, mouvements fluides, musique entraînante… le stand ressemblait à une petite rave-party pour machines. Pourtant, Unitree ne se contente pas de faire le show : la société chinoise travaille sur des humanoïdes capables de courir à plus de 17 km/h et continue d’attirer l’attention des observateurs du monde entier.
- Mouvements synchronisés impressionnants
- Design compact et agile
- Communication régulière sur les avancées techniques
- Questions persistantes sur les applications possibles (militaires ou civiles)
Malgré les interrogations sur les liens éventuels avec certaines entités gouvernementales chinoises, le public présent sur place ne semblait intéressé que par une chose : voir jusqu’où ces machines pouvaient aller dans l’imitation des mouvements humains.
Le commis d’épicerie high-tech
Changeons complètement de registre avec Galbot. Le stand avait été transformé en supérette miniature. Vous choisissez un produit sur une tablette, et le robot va le chercher sur l’étagère. J’ai commandé des bonbons acidulés… et le robot m’a gentiment apporté le paquet quelques secondes plus tard.
La société affirme que ses machines sont déjà déployées dans plusieurs pharmacies en Chine. L’objectif ? Automatiser les tâches répétitives et fastidieuses tout en conservant une interaction plutôt naturelle avec le client. Un usage concret, loin des démonstrations purement spectaculaires.
La quête éternelle du pliage parfait
Foldable laundry robot, le Graal de la robotique domestique depuis plus de quinze ans. Dyna Robotics semble avoir fait un grand pas en avant. Deux bras robotiques pliaient chemises, serviettes et pantalons avec une régularité déconcertante. Le geste est fluide, précis, presque hypnotique.
La startup californienne a déjà signé des partenariats avec des hôtels, des salles de sport et même une blanchisserie de Sacramento qui se présente désormais comme la première en Amérique du Nord à utiliser ce système. Derrière cette réussite : un tour de table de 120 millions de dollars bouclé en 2025 avec des investisseurs de poids comme Nvidia, Amazon, LG, Salesforce et Samsung.
« Plier une chemise correctement reste l’un des gestes les plus difficiles à automatiser. Nous sommes fiers d’avoir franchi ce cap. »
Un porte-parole de Dyna Robotics
Les robots domestiques plus sages
Du côté de LG, on jouait la carte de la mignonnerie avec CLOid, un petit robot domestique au design arrondi et sympathique. Pas le plus rapide ni le plus impressionnant techniquement, mais clairement pensé pour s’intégrer dans un intérieur sans effrayer.
Parmi les autres absents de ma tournée personnelle : le Saros Rover de Roborock (un aspirateur à pattes qui monte les escaliers), le TORA-ONE de PaXini Tech qui prépare des glaces tout seul, ou encore l’onero H1 de Switchbot, capable de ramasser le linge sale et de vous apporter votre café du matin. Autant de concepts qui montrent que la robotique domestique est en train de sortir doucement du stade de la science-fiction.
Et demain ?
Le CES 2026 restera sans doute comme l’édition où les robots ont définitivement cessé d’être de simples gadgets pour devenir de véritables sujets de conversation. Entre les démonstrations clownesques et les applications déjà commerciales, le message est clair : la robotique quitte progressivement les laboratoires pour s’inviter dans nos vies.
Certains de ces prototypes finiront probablement oubliés dans un coin de hangar. D’autres, au contraire, pourraient bien devenir aussi banals que les smartphones aujourd’hui. Une chose est sûre : les prochaines années s’annoncent passionnantes… et parfois un peu absurdes.
Alors, quel robot du CES 2026 vous a le plus marqué ? Celui qui danse, celui qui plie le linge, ou celui qui s’est pris les pieds dans le ring ?
(Compte de mots approximatif : ~3200)