Il reste peu de matins calmes avant que les portes de Moscone West ne s’ouvrent. Le 13 octobre 2026, à 8 heures du matin, heure du Pacifique, San Francisco redevient pendant trois jours le carrefour où les équipes qui construisent, celles qui financent et celles qui décident d’acheter se croisent dans les mêmes couloirs. L’offre qui permet d’acheter un pass et d’obtenir le second du même type à moitié prix court exactement jusqu’à cette ouverture. Après, le tarif remonte, et l’avantage d’arriver à deux s’efface avec lui. Ce n’est pas une anecdote de billetterie. C’est une question de couverture de terrain, de mémoire partagée et de décisions prises avant le vol du retour.

Pourquoi un second pass change le rendement d’un événement de cette taille

Personne ne couvre seul un rassemblement de cette densité. Plus de dix mille fondateurs, investisseurs et décideurs tech, plus de trois cents startups exposantes, plus de deux cents sessions tactiques, six scènes sectorielles, des tables rondes et des salles de travail : le programme est conçu pour saturer l’attention d’une seule personne. Venir avec un co-fondateur, un associé ou un collègue n’est pas un confort. C’est une méthode. L’un reste dans une salle pendant que l’autre tient un rendez-vous. L’un note les objections entendues sur une scène, l’autre les recoupe avec ce qui se dit au stand d’en face.

Le rabais de cinquante pour cent sur le second badge du même type vaut jusqu’à plusieurs centaines de dollars selon le profil. Le chiffre le plus cité pour un pass investisseur atteint quatre cent cinquante dollars d’écart. Pour un fondateur, l’économie tourne autour de quatre cent vingt-cinq dollars. Un pass participant peut économiser jusqu’à quatre cent douze dollars, un pass association environ deux cent trente-sept, un pass étudiant environ cent soixante-quinze, un pass Expo+ environ cent soixante-deux. Ces montants ne sont pas le sujet. Ils rendent simplement rationnel un choix que beaucoup repoussent par habitude : ne pas voyager seul quand le terrain est trop large.

Ceux qui n’emmènent personne disposent d’une fenêtre parallèle, plus courte : jusqu’à deux cents dollars d’économie sur un pass individuel avant la hausse annoncée pour le 25 septembre à 23 h 59, heure du Pacifique. Deux mécaniques coexistent donc. L’une récompense le duo jusqu’à l’ouverture des portes. L’autre récompense l’anticipation pour le voyageur seul. Les deux disent la même chose sur le calendrier : attendre coûte plus cher que décider.

Le vrai produit d’un congrès de cette ampleur n’est pas la session. C’est la conversation que vous pouvez encore tenir le soir même, avec quelqu’un qui a entendu autre chose que vous.

Lecture de terrain, couloirs de Disrupt

Ce que l’on rate vraiment en restant seul

Le premier manque est géographique. Les scènes ne sont pas empilées. Les stands ne sont pas alignés pour le confort d’un seul parcours. Un fondateur qui pitch dans une salle à dix heures ne peut pas, au même moment, écouter un opérateur expliquer comment il a reconstruit son cycle de vente. Un investisseur calé dans un roundtable rate le fondateur qui démontre, deux allées plus loin, le produit dont il parlait la veille au dîner. Le second manque est mnésique. Après six heures de conversations, les nuances se confondent. Le duo sert de carnet croisé : chacun retient ce que l’autre a déjà commencé à oublier.

Le troisième manque est politique, au sens le plus concret. Certaines introductions ne se font pas si vous êtes seul face à une table déjà pleine. Deux personnes d’une même équipe signalent une structure, pas une curiosité individuelle. Cela ne garantit rien. Cela change le seuil à partir duquel un interlocuteur accepte de prolonger l’échange. Le quatrième manque est opérationnel. Revenir avec une liste de noms sans propriétaire interne, c’est garantir que la moitié des suivis mourra dans la boîte mail du lundi. Quand deux personnes se répartissent les relances avant même de quitter le hall, le taux de suites utiles monte.

  • Entrer dans davantage de salles sans abandonner les rendez-vous déjà calés.
  • Comparer sur place deux lectures d’une même annonce ou d’un même pitch.
  • Couvrir le show floor pendant qu’une session stratégique se tient ailleurs.
  • Sortir avec une décision écrite, pas seulement une impression.

Ce découpage n’a rien de théorique. Il correspond à la manière dont les équipes qui reviennent avec un pipeline réel organisent leurs trois jours. Elles ne cherchent pas à tout voir. Elles cherchent à ne pas laisser un signal important sans témoin.

Le format des trois jours, sans brochure

Du 13 au 15 octobre, le rendez-vous se tient à San Francisco. Le public annoncé dépasse dix mille personnes issues des startups et du capital-risque. Plus de trois cents jeunes pousses montrent leur produit. Plus de deux cent cinquante intervenants tiennent plus de deux cents sessions jugées tactiques, réparties sur six scènes industrielles, avec des formats plus courts en tables rondes et en ateliers. Le matchmaking assisté par des modèles sert de couche de mise en relation : il ne remplace pas le jugement, il réduit le temps passé à chercher la mauvaise personne dans la mauvaise file.

Ce mélange explique pourquoi le badge n’est pas un billet de spectacle. Une session peut être excellente et inutile si personne de l’équipe n’est en mesure de la traduire en prochaine action. Un stand peut être bruyant et décisif si quelqu’un sait quelle question poser au fondateur entre deux démonstrations. L’intérêt du duo tient dans cette traduction. L’un capte le discours. L’autre le confronte au produit vu cinq minutes plus tôt.

Les thématiques qui traversent le programme collent aux dossiers que les équipes ouvrent en ce moment : intelligence artificielle appliquée, infrastructure, fintech, climat, biotech et santé, robotique, crypto, commerce, médias. Ce n’est pas un catalogue. C’est une carte des endroits où le capital et les clients se concentrent cette saison. Une startup qui présente son produit gagne à savoir quelles salles son investisseur cible va réellement fréquenter. Un fonds gagne à savoir quelles allées ses associés ne pourront pas couvrir seuls.

Choisir le même type de pass, et pas un assemblage bancal

La mécanique est stricte. La réduction s’applique lorsque deux badges du même type sont achetés ensemble, avant le 13 octobre à 8 heures, heure du Pacifique. Mélanger un pass fondateur et un pass visiteur ne déclenche pas l’offre. Le choix du profil n’est donc pas un détail administratif. Il décide de ce que le duo pourra faire une fois sur place, et de l’économie réelle attachée au second siège.

ProfilÉconomie citée sur le second passUsage le plus rentable du duo
InvestisseurJusqu’à 450 dollarsComparer les signaux et accélérer un premier filtre de deals
FondateurEnviron 425 dollarsSéparer pitch et prise de notes face aux fonds
ParticipantJusqu’à 412 dollarsCouvrir produit, croissance et mise sur le marché
AssociationEnviron 237 dollarsTraduire une session en cas d’usage concret
ÉtudiantEnviron 175 dollarsMailler un réseau sans se perdre dans le hall
Expo+Environ 162 dollarsArpenter le show floor et les démonstrations

Ces écarts proviennent des tarifs publics associés à chaque catégorie au moment de l’annonce. Ils bougeront après la fermeture de l’offre. Les lire comme une grille de décision suffit : le second badge le plus cher en valeur absolue est aussi celui dont le coût d’opportunité, si l’on vient seul, est le plus élevé.

Investisseurs : filtrer plus vite sans diluer le jugement

Un pass investisseur ouvre l’accès direct aux fondateurs, à des formats de réseau plus filtrés et aux zones où le flux d’affaires se concentre. Acheter le second au tarif réduit, c’est emmener un associé, un principal ou un partenaire d’exploitation capable de contredire votre première impression. Le gain n’est pas d’assister à deux fois plus de pitchs. Le gain est de sortir d’une conversation avec deux lectures opposées encore fraîches, avant que la politesse du hall ne les lisse.

Les fonds qui tirent quelque chose de ces trois jours ne collectionnent pas les cartes. Ils répartissent des hypothèses. L’un teste la traction. L’autre teste la dépendance à un canal. Le soir, la confrontation dure vingt minutes et élimine des dossiers qui auraient occupé deux semaines de calls. C’est là que l’économie de quatre cent cinquante dollars devient anecdotique à côté du temps d’associé économisé. Encore faut-il que les deux personnes aient le même niveau d’accès. D’où l’intérêt d’un duo de passes identiques, plutôt qu’un badge plein et un accompagnant cantonné au show floor.

Le matchmaking algorithmique aide à ce filtre, à condition de l’utiliser comme un filet et non comme un oracle. Il propose des croisements. Il ne dit pas si le fondateur tient ses chiffres quand on change l’hypothèse de prix. Cette vérification-là se fait à deux, ou elle ne se fait pas. Les investisseurs qui viennent seuls repartent souvent avec une liste longue et une conviction courte. Ceux qui viennent en binôme repartent avec moins de noms et une raison claire de rappeler trois d’entre eux dès le mardi.

Fondateurs : séparer la scène et la prise de température

Le pass fondateur vise celles et ceux qui construisent et qui lèvent. L’économie annoncée sur le second siège avoisine quatre cent vingt-cinq dollars. Le rendement réel se joue ailleurs : dans la capacité à ne pas être seul au moment où un investisseur pose la question que l’on n’avait pas préparée. Un co-fondateur qui écoute pendant que l’autre répond capte le froncement, la relance, le sujet que le fonds revient chercher trois minutes plus tard. Cette information ne figure dans aucun deck.

Présenter une startup dans un hall de cette taille est un exercice de répétition sélective. Tout le monde ne doit pas entendre le même pitch. Le duo permet d’ajuster. Après deux conversations, l’un dit que l’angle infrastructure passe, l’autre que l’angle usage client décroche. Le troisième échange incorpore la correction. Seul, on met souvent six rendez-vous à s’apercevoir que l’ouverture ne tient pas. À deux, on le sait avant le déjeuner.

Il y a aussi le sujet de la crédibilité d’équipe. Les fonds le disent rarement sur scène et très souvent dans les couloirs : une société qui envoie une seule personne à un rendez-vous de ce calibre laisse planer un doute sur la répartition réelle des rôles. Ce n’est pas toujours juste. C’est fréquent. Arriver avec le co-fondateur technique ou avec la personne qui tient le revenu coupe court à cette réserve, sans discours. Le second pass paie cette présence, pas seulement un siège supplémentaire dans une salle.

  • L’un tient le récit, l’autre tient les preuves chiffrées.
  • L’un reste sur le stand, l’autre court les introductions ciblées.
  • Le soir, les objections sont classées avant l’oubli.
  • Le suivi du lundi a déjà un propriétaire.

Équipes produit, croissance et mise sur le marché

Le pass participant s’adresse aux profils produit, ingénierie, croissance et commercial. L’économie sur le second badge peut atteindre quatre cent douze dollars. Pour une scale-up, le voyage n’est utile que s’il modifie une feuille de route ou un discours de vente. Deux personnes de fonctions différentes font ce travail mieux qu’un généraliste fatigué. L’ingénieur entend une contrainte d’infrastructure que le responsable revenu n’aurait pas notée. Le profil go-to-market entend une objection de prix que le produit croyait déjà résolue.

Ces équipes n’ont pas besoin de voir toutes les scènes. Elles ont besoin de trois conversations qui contredisent leur plan actuel. Le duo multiplie la chance d’en avoir au moins une de solide, parce que les agendas ne se recouvrent pas. L’après-midi, la mise en commun tient en une page : ce que l’on arrête, ce que l’on teste, ce que l’on ignore. Sans cette page, le déplacement reste une parenthèse. Avec elle, il devient une revue de roadmap déguisée en congrès.

Le show floor compte autant que les keynotes pour ces profils. Une démonstration de dix minutes, mal cadrée, en apprend parfois plus qu’une table ronde policée. Encore faut-il que quelqu’un soit libre pour s’y attarder pendant que l’autre honore un créneau déjà réservé. C’est le genre de détail que les plannings individuels sacrifient en premier, et que les plannings doubles préservent.

Associations, étudiants, explorateurs du show floor

Le pass association, avec une économie d’environ deux cent trente-sept dollars sur le second siège, s’adresse aux structures qui cherchent à relier une technologie émergente à un usage de terrain. Venir à deux évite le piège classique : repartir avec des idées brillantes et aucune traduction opérationnelle. L’un écoute les bâtisseurs. L’autre note ce qui est transposable sans budget de série A. Le croisement, le soir, sépare l’effet d’annonce du levier réel.

Le pass étudiant, environ cent soixante-quinze dollars d’écart sur le second, sert celles et ceux qui construisent un réseau avant d’avoir un titre. Seul, le hall est intimidant et les files sont opaques. À deux, on se répartit les approches, on se briefe, on évite de poser trois fois la même question au même stand. Ce n’est pas un détail social. C’est la différence entre cinq contacts exploitables et une journée de déambulation.

Le pass Expo+, avec environ cent soixante-deux dollars d’économie, ouvre surtout l’arrière-scène des jeunes pousses exposantes. Il intéresse les recruteurs, les partenaires qui cherchent une techno à intégrer, et les profils qui veulent voir un produit avant qu’il ne soit lissé pour une levée. Couvrir le floor à deux double la surface utile sans doubler la fatigue de la même façon, parce que l’on peut alterner les allées et se retrouver sur un point fixe. C’est aussi le badge le plus logique pour qui veut évaluer une embauche ou un partenariat sans payer l’accès complet aux scènes.

Ce que présenter une startup veut dire dans ce hall

Exposer n’est pas décorer un comptoir. Les équipes qui tirent un bénéfice mesurable de leur table traitent ces trois jours comme une séquence de tests. Chaque visiteur est une hypothèse : client, recrue, fonds, partenaire, journaliste. Le duo sur le stand, ou le duo dont l’un tient le stand pendant que l’autre circule, permet de ne pas rater la visite qui compte sous prétexte qu’une démo est en cours. La dernière fenêtre pour réserver une table d’exposition auprès des dix mille décideurs annoncés était fixée au 2 octobre. Passée cette date, la visibilité se joue surtout par le badge, les introductions et la qualité des conversations, plus par le mobilier.

Les startups qui s’en sortent préparent trois versions de leur récit : une de trente secondes pour l’allée, une de trois minutes pour le visiteur arrêté, une de douze minutes pour le fonds qui accepte de s’asseoir. Elles désignent à l’avance qui a le droit de promettre quoi. Elles notent les objections dans un document partagé avant le dîner, pas dans l’avion. Rien de tout cela n’exige un budget scénographique. Tout cela exige deux personnes qui se font confiance et qui ne racontent pas deux histoires contradictoires à une heure d’intervalle.

Le format Startup Battlefield, historique sur cet événement, rappelle une règle simple : le pitch public n’est que la partie visible. Les échanges qui suivent, dans les quinze minutes où l’attention est encore chaude, décident souvent de la suite. Une équipe seule gère mal ce créneau. Elle est encore sur l’adrénaline de la scène pendant que le bon interlocuteur est déjà trois mètres plus loin. Une seconde personne, briefée, capte ce déplacement.

Comment répartir les trois jours sans s’épuiser

Le planning utile tient sur une page. Le matin du 13, avant l’ouverture à 8 heures, les deux agendas sont déjà croisés : qui couvre quelle scène, qui tient les créneaux déjà confirmés, où l’on se retrouve à la pause. Vouloir tout synchroniser est une erreur. L’intérêt du second pass est précisément le désynchronisme maîtrisé. On se retrouve à heures fixes, pas en continu.

Une répartition qui fonctionne souvent : le premier jour sert à cartographier. Peu de pitchs longs, beaucoup d’observations, une liste de dix noms maximum à revoir. Le deuxième jour sert à creuser. Les conversations ont un objectif écrit avant d’entrer dans la salle. Le troisième jour sert à conclure ou à abandonner. Les suivis partent avant le taxi vers l’aéroport, pas après une nuit de sommeil qui efface les nuances. Ce rythme suppose deux cerveaux. Un seul sature dès la fin du premier après-midi et transforme le reste en tourisme professionnel.

Il faut aussi décider qui a le droit de dire non. Dans un hall bruyant, la tentation est d’accepter chaque introduction. Le duo installe un veto léger : si l’un des deux juge le créneau hors sujet, on coupe court sans drama. Cette discipline protège les vraies fenêtres. Elle est presque impossible à tenir seul, parce que personne n’est là pour rappeler la priorité écrite le matin.

  • Dix cibles nommées avant le vol, pas cinquante vœux.
  • Un point de rendez-vous fixe, deux fois par jour.
  • Un document partagé ouvert en permanence, pas des notes papier divergentes.
  • Une règle : aucun suivi sans propriétaire et sans date.

Le matchmaking ne remplace pas la préparation

L’appariement assisté par des modèles est présenté comme un accélérateur de conversations. Il l’est, pour qui arrive avec un profil honnête et une demande précise. Il ne l’est pas pour qui espère que l’outil inventera une stratégie. Deux personnes d’une même équipe peuvent recevoir des suggestions différentes et les arbitrer. C’est un usage sous-estimé : le système devient un générateur d’options, le duo devient le filtre. Seul, on suit la première suggestion plausible et l’on rate la seconde, souvent meilleure.

La préparation tient en peu de choses. Une phrase sur ce que l’on cherche. Une phrase sur ce que l’on refuse. Trois preuves que l’on est prêt à montrer sans slideshow. Les équipes qui arrivent avec un roman de contexte perdent leurs premières heures à le résumer. Celles qui arrivent avec une demande nette utilisent le matchmaking comme un raccourci, puis reprennent la main dans le couloir. Le second badge sert ici de filet : si une suggestion est mauvaise, l’autre personne est déjà sur une piste parallèle.

Ce que les couloirs disent et que les scènes adoucissent

Les sessions ont une fonction. Elles cadrent un sujet, elles donnent un vocabulaire commun, elles permettent de citer quelqu’un le lendemain sans passer pour un touriste. Elles adoucissent aussi. Un opérateur sur scène parle rarement du contrat qui a capoté en août ou du canal d’acquisition qui s’est retourné. Ces phrases-là se disent debout, entre deux salles, quand l’interlocuteur a déjà décidé que vous n’étiez pas là pour le citer. Le duo augmente la surface de ces échanges informels, simplement parce que deux personnes croisent deux fois plus de files d’attente.

Il ne s’agit pas de collecter des confidences. Il s’agit de recalibrer. Une startup qui entend trois fois la même réserve sur son modèle de prix, dans trois files différentes, tient une information que aucune keynote ne lui donnera. Un fonds qui entend trois fondateurs décrire le même goulot d’infrastructure tient un thème de thèse, pas une anecdote. Encore faut-il que ces trois signaux soient captés par quelqu’un qui les relie. D’où l’intérêt de se briefer le soir, à chaud, plutôt que de comparer des souvenirs le lundi.

Une objection entendue deux fois est une coïncidence. Entendue trois fois par deux personnes différentes, elle devient un problème de produit.

Réflexe d’équipe après une journée de hall

Secteurs où le duo paie le plus vite

En intelligence artificielle appliquée, les discours se ressemblent et les démonstrations divergent. Une personne seule se laisse porter par le vocabulaire. Deux personnes, dont une capable de demander où tourne le modèle et qui paie l’inférence, trient plus vite. En infrastructure, les détails de latence, de conformité et de coût caché ne tiennent pas dans un pitch de scène. Ils tiennent dans une question posée au stand pendant que l’autre membre de l’équipe est ailleurs. En fintech, la régulation et le canal de distribution ne sont presque jamais dans la même bouche. Le duo évite de croire qu’un beau produit de paiement est un modèle complet.

Côté climat et biotech, les cycles sont longs et les preuves sont techniques. Venir seul augmente le risque de prendre une promesse de pilote pour une traction. Venir à deux, avec un profil scientifique et un profil business, sépare le résultat de laboratoire du chemin vers un client. En robotique, la démo est reine et la démo ment parfois par le cadre. Quelqu’un doit rester assez longtemps pour voir ce qui se passe quand le scénario sort du script. Ce quelqu’un ne peut pas être en même temps dans une table ronde sur la levée.

Aucun de ces secteurs n’exige d’être expert de tout. Tous exigent de ne pas être le seul témoin. C’est le point commun qui rend l’offre duo plus pertinente qu’une simple remise. Le second siège achète un second angle, pas un second café.

Erreurs fréquentes, même avec deux badges

La première erreur est de rester collés. Deux personnes qui assistent aux mêmes sessions ont payé un duo pour obtenir le rendement d’un solo. La deuxième est de ne pas se retrouver. Sans point fixe, les notes divergent et le soir personne ne sait ce qui a été promis. La troisième est de viser trop large. Dix conversations profondes battent quarante poignées de main. La quatrième est de reporter les suivis. Le hall crée une illusion de proximité. Elle disparaît dès que les agendas reprennent leur cours normal, souvent dès le vol de nuit.

La cinquième erreur concerne le message. Si les deux membres de l’équipe ne racontent pas la même histoire de traction, les interlocuteurs s’en aperçoivent, parfois sans le dire. Un quart d’heure de calage, la veille, évite cette fuite. La sixième est logistique : badges du mauvais type, rendez-vous calés dans des zones inaccessibles, temps de trajet sous-estimé entre salles. Moscone West est grand. Un duo mal briefé perd une heure par jour en retards croisés. Un duo briefé transforme cette heure en conversations.

Aucune de ces erreurs n’est spectaculaire. Toutes sont assez banales pour expliquer pourquoi tant d’équipes reviennent enthousiastes et sans suite. Le second pass ne corrige rien tout seul. Il donne la marge nécessaire pour corriger.

Ce que l’on peut décider avant même d’atterrir

La fenêtre de l’offre duo se ferme à l’ouverture des portes, le 13 octobre à 8 heures, heure du Pacifique. Décider qui vient fait partie du rendement, pas de l’intendance. Un co-fondateur qui tient le produit, un associé qui tient la thèse, un responsable revenu qui tient les objections clients : le bon second n’est pas forcément le plus disponible. C’est celui dont l’absence créerait un angle mort. Si ce profil ne peut pas se libérer, le duo perd une partie de son sens, et un pass individuel anticipé reste alors le choix rationnel, avec sa propre date limite de tarif.

Il est utile d’écrire, avant l’achat, la question à laquelle le voyage doit répondre. Lever un premier tour, recruter un profil rare, invalider un canal, trouver un partenaire d’intégration, comprendre pourquoi un concurrent lève plus vite. Une question nette permet de refuser les sessions séduisantes et hors sujet. Deux questions floues transforment trois jours en zapping. Le second badge amplifie la clarté. Il amplifie aussi la dispersion, si la clarté n’est pas là.

Les équipes qui préparent mal achètent tard, choisissent le mauvais type de pass, et découvrent sur place que leur plus-un n’entre pas dans les mêmes salles. Celles qui préparent bien verrouillent deux badges identiques, se répartissent dix cibles, et laissent de la marge pour l’imprévu. L’imprévu, dans ce hall, est souvent la conversation qui justifie le billet.

Après les portes : ce qui reste quand le tarif a monté

Une fois les portes ouvertes, l’offre duo disparaît et les prix pleins s’appliquent. Le contenu, lui, ne change pas. Ce qui change, c’est le coût de la décision tardive. Pour une startup en phase de présentation active, ce coût se compare mal à un budget marketing abstrait. Il se compare au prix d’une introduction ratée, d’un fonds croisé sans suite, d’un recruteur qui est passé au stand pendant que la seule personne présente faisait une démo. Ces manques ne figurent pas sur une facture. Ils figurent dans le pipeline du trimestre suivant.

Rien n’oblige à venir. Beaucoup de jeunes pousses construisent très bien sans ce hall précis. Celles qui y vont gagnent à traiter le déplacement comme un sprint de vente et d’apprentissage, pas comme une récompense. Le sprint a besoin d’un relais. Le relais, ici, porte un second badge du même type, obtenu avant que le comptoir n’affiche le tarif d’après.

San Francisco, mi-octobre, trois jours, une densité rare de gens qui décident. Le reste est une question d’organisation. Qui entre. Qui note. Qui coupe court. Qui écrit le suivi avant que la porte de l’avion ne se ferme. L’offre qui coupe le second pass de moitié ne dure pas au-delà de l’ouverture. Le rendement d’un duo bien briefé, lui, se mesure dans les semaines qui suivent, quand les noms du hall deviennent des rendez-vous tenus.

Une grille simple pour trancher ce soir

Si vous présentez une startup, demandez-vous qui, dans l’équipe, entend les objections que vous n’entendez plus. C’est souvent cette personne qu’il faut badger, pas un accompagnant de circonstance. Si vous investissez, demandez-vous qui contredit vos coups de cœur. C’est cet associé-là que le second pass doit couvrir, avec le même niveau d’accès. Si vous opérez un produit déjà en marché, demandez-vous quelle fonction manque dans vos notes de retour habituelles. Le duo sert à combler ce trou, pas à doubler la présence sur les photos.

Ensuite seulement, regardez le tarif. L’économie annoncée, de cent soixante-deux à quatre cent cinquante dollars selon le profil, finance une partie du second déplacement ou une nuit d’hôtel. Elle ne finance pas la stratégie. La stratégie tient dans le choix du profil, dans l’identité des dix cibles, et dans la discipline du point fixe de milieu de journée. Le reste, les scènes, les allées, le matchmaking, vient remplir un cadre déjà posé.

Les portes s’ouvrent le 13 octobre à 8 heures, heure du Pacifique. D’ici là, deux badges du même type restent le moyen le plus direct de ne pas couvrir ce hall en solitaire. Après, on paie plein tarif pour le même problème de bande passante. Les équipes qui s’en souviennent avant le comptoir sont rarement celles qui repartent en disant que l’événement était trop grand.